Zoo-Anthropomorphie2
Damoiselles, damoiseaux, nous voilà de retour pour une nouvelle conférence à propos de ce terme toujours si compliqué
de la zoo-anthropomorphie. La dernière fois, j’ai évoqué, vous prenant à témoin, les multiples créatures qui peuplent l’environnement inhérent à la cour de récréation d’un collège, le tout avec
un brio absolument extraordinaire. Aussi, sous les bravo, je m’apprête à réitérer l’exploit. De fait, sans pour autant m’embourber dans un discours déjà empreint d’une redondance à crever les
yeux, mais pour tout de même apporter une élément novateur, je vais m’engager dans une étude à peine poussée relative à ces animaux qui sont légion à l’intérieur même de ces espaces que nous
sommes tous amenés à fréquenter plusieurs fois par mois, à savoir les centres commerciaux, et plus particulièrement les super-hyper-marchés. Eh oui, car si tous sont sensiblement différents, tous
se ressemblent par ceux qui s’y trouvent !
Nous allons donc ensemble découvrir, ou plus exactement RE-découvrir cet univers aussi étrange que farfelu et,
accessoirement, potentiellement dangereux. Quels sont les individus qu’on croise occasionnellement et quels sont ceux qui donnent la véritable impression de les hanter, pauvres bêtes sans âme ni
but dans la vie ? Je sais que chacun a déjà remarqué leur petit manège, se demandant ce qu’ils pouvaient glander à travers le labyrinthe des rayonnages, s’autorisant quelques pauses en plein
milieu des voies de circulation, s’engageant dans de passionnantes conversations avec les conserves – semble-t-il – ou encore réfléchissant à ce qu’ils ont bien pu manger le midi. Ce fantastique
étalage de fruits et légumes frais cachent d’innombrables créatures qui se crêpent souvent le chignon avec les adeptes du rayon « bio », jouxtant le leur. On a donc une sensation de guerre
ouverte aux batailles plus ou moins rangées avec des accalmies plus ou moins longues entre des individus plus ou moins… perturbés, dirons-nous.
A l’instar de ma première conférence, je vais m’employer à vous guider pas à pas dans cette infrastructure tout en
décrivant ce sur quoi vous êtes susceptible de tomber nez à nez, face à face ou encore face contre terre (ce qui n’est jamais bien plaisant). Si vous êtes prêts, c’est parti. (Si vous ne l’êtes
pas, je vous laisse le soin de le devenir).
Tout d’abord, aux abords d’un centre commercial, il est d’usage de prendre de grandes précautions quant à la
circulation autour des places de stationnement. En effet, il est à redouter une multitude de dangers. Eh oui, il faut éviter les fondus – ou, pour être plus précis, des pachydermes sur roues –
qui cherchent à s’entassent avec entêtement sur des emplacements restreints, notamment aux alentours proches des entrées. Il faut donc se méfier des places bleutées qui sont souvent trompeuses.
Il est donc primordial de s’éloigner de ces rhinos sans cornes qui jouent à « Qui imite le mieux Speedy Gonzales ? ». Attention, même jeu à pied : éviter les obstacles qui mènent à l’entrée. Pour
citer un célèbre entraîneur de Dodgeball : « Evitez les chauffards, vous éviterez le ballon ! ».
Lorsque vous parvenez à l’intérieur, ne vous croyez surtout pas en sécurité. Ce serait une erreur puisque nous allons
rencontrer plusieurs dizaines de créatures étranges. En effet, si de prime abord, nous pourrions penser à des sortes de kangourous difformes avec une poche ventrale sur roulettes couleur
métallisée, la vérité est pourtant tout autre. Nous avons affaire à toutes sortes de… choses, dérivées du kangourou. Pour l’heure, contentons-nous d’entrer en territoire ennemi. Poussons donc les
barrières automatiques qui ne fonctionnent plus (sinon, nous n’aurions pas eu à les pousser) et nous voilà à présent dans notre lieu d’étude. Mettons dès lors tous nos sens en éveil.
Souvent, l’entrée, à l’image de l’ensemble, s’apparente à un accès de fourmilière, grouillant et frémissant (notez
l’ordre alphabétique de ces termes si bien choisis). Ne perdez pas cette idée durant la visite car cet environnement attire un certain nombre d’insectes. D’autant que… Ah ! Prenez garde ! Là, de
chaque côté des barrières battantes, deux petites créatures n’attendent pas les quelques secondes neuronales nécessaires au rétablissement de vos narines pour vous sauter à la gorge, armées de
terrifiants morceaux de papiers, communément appelés « pubs ». Ces affreux petits caniches ainsi occupent leur vie en assaillant tout plein de pauvres gens insouciants. Sachez qu’un visage fermé
ne les rebutera pas, les vilaines bêtes. Il vous faudra soit sortir habilement de leur champ de vision, soit vous cacher derrière d’autres kangourou-fourmis. Bien évidemment, vous pouvez aussi
céder à la solution de facilité, accepter leur papelard et, par là, se résigner à s’exposer à un nouvel assaut, oral cette fois, quant à la fabuleuse promo sur les conserves de rognons de porc
qui prend fin le week-end prochain !
Bref, continuons la visite, à moins bien sûr que vous ne vouliez en entendre davantage sur la baisse substantielle
des prix des Playmobil en ces jours de rentrée scolaire. Allons au hasard dans le dédale de couloirs, aussi nommés rayons. Tenez, sur votre gauche ! … Non, l’autre gauche… Oui, voilà.
Regardez-moi un peu ça, sans avoir peur toutefois. Ne haussez pas la voix, vous risqueriez de l’effrayer. Ben oui, c’est que c’est quand même puissant, l’odeur du kangourou-sconse. Et c’est bien
assez risqué de prendre ce risque. D’autant que ça sort assez rarement ces choses là, surtout quand il y a du monde, vous imaginez bien ! Nous n’allons pas rester trop trop longtemps, sans quoi
nous mourrons d’asphyxie, mais visez-moi c’t’engin ! Souvent paré d’une multi-coloration aussi terne qu’il est possible de l’être, le kangourou-sconse s’aventure d’un pas lent hors de son habitat
naturel. Sa poche ventrale se remplit surtout de produits propres à une ingestion lente et précautionneuse, ce qui ne l’obligera pas à revenir pour une contre-visite avant un petit moment. Un
détail plus… sensible le trahit pourtant. Jusqu’à présent, la description que viens brillamment de vous donner – non, ne me remerciez pas encore – pourrait tout à fait correspondre à une
kangourou-fourmi standard, peuplade si présente en ces lieux. Cependant, celles-ci vont et viennent sans faire d’histoires. Le kangourou-sconse, lui, possède un pouvoir odorant qui oblige les
autres individus à s’en écarter. On le voit… heu… on le sent dans les rayons mais aussi dans ses déplacements. En effet, dès lors, on distinguera les prévoyants des « victimes ». Les premiers
calculeront leur trajet en fonction de la rencontre imminente tandis que les autres ne se douteront de rien. Et leur expression faciale suivant ce croisement est suffisamment éloquent pour que je
me garde de m’épancher dessus. N’écoutons que notre courage et plions bagage !
Hé là ! Pas si vite ! Vous avez failli percuter ce nouvel individu. Ou devrais-je dire « individueuh » (accentuer le
phonème conclusif fautif [0]). Comment vous ne l’aviez point remarqué ? Mais enfin voyons que diable ! Cette espèce semble passer une si grande partie de son existence en ces lieux qu’on pourrait
en dire qu’elle fait partie intégrante du décor. De manière incompréhensible, ladite espèce n’est composée que « d’individueus » (re-accentuer le phonème fautif [0] et le poursuivre avec le
phonème [s] qui le suit in+di+vi+du+eu+esse). Souvent d’une taille inférieure au mètre cinquante règlementaire dans la plupart des rollercoasters mais tolérée en supermarché, ces créatures-ci
se trouvent souvent dans les pattes des autres, à s’exténuer en tentant d’attraper les articles situés le plus haut dans le rayon (les articles les plus chers, ou posés là par les
kangourou-girafes qui cherchaient à protéger au moins un produit de la horde grouillante). Les « individueus », ou kangourou-lilliputiennes, sont toujours courbées sur leur poche métallisée, et
veulent par tous les moyens accéder aux articles qui leur sont le plus inaccessible possible. Comme celle que nous voyons là-bas, sous les conserves d’anchois, tenez, regardez, appréciez…
Observez l’œil hagard, perdu, mais pour le moins déterminé à capturer cette boîte de sardines marinées dans l’huile certifiée 100% végétale ! Contemplez le visage semblant vouloir de l’aide mais
avec cet air farouche qui réprime toute pitié. Tout est contradictoire. Remarquez enfin ces rictus qui se dessinent à la commissure de ses lèvres lorsqu’un tiers essaie de s’en mêler, ou même
juste s’approche… Tout ceci est criant de réalisme, n’est-ce pas ? Bref, passons. Si nous revenions dans une demi-heure, elle n’aurait bougé que de quelques mètres, en quête d’un nouveau produit
en hauteur.
Passons rapidement sur les kangourous divers et variés qui n’ont que peu d’intérêt dans cette conférence. Comme le
faisait très justement remarquer Anthony Kavanagh, les kangourous mâles sont souvent pendus à leur téléphone mobile, parlant avec leur GPS humain qui les guide depuis l’appartement. « Rayon
légumes, tu prends trois tomates. – Comment je sais lesquelles prendre ? – Faut qu’elles soient rouges, fermes mais pas trop… - Heu… Gné ? – Voilà, ensuite t’oublieras pas le papier toilettes.
Bon courage, poutou poutou ! – Hé ! Mais celui à motifs floraux *clic*… ou le rose ? ». Oui, les mâles sont souvent démunis, face à eux-mêmes avec leur panier (ou caddie). D’ailleurs, à ce
propos, avez-vous jamais remarqué que les kangourous mâles ont toujours un souci de proportions ? On en voit soit avec un panier beaucoup trop rempli soit avec un caddie quasi-vide ! Bien
entendu, ces individus-ci sont des modèles casés, qui ont oublié comment se diriger et se débrouiller seuls dans un supermarché. Les modèles célibataires sont obligés de faire par leurs propres
moyens et donc sont (un peu) plus dégourdis. Bref, suivant !
Nous venons de croiser quelques spécimens de kangourous mâles. Voyons à présent quelques kangourous femelles. Elles
sont l’opposé des mâles. Armées de leur petite liste inscrite sur l’enveloppe d’une facture, elles se dirigent avec détermination dans le dédale de rayons. Elles ne laissent pas leur regard
dévier trop longtemps de leur prochain objectif de peur de n’embarquer quelque chose qui n’est pas sur l’enveloppe. Liste sur laquelle on peut trouver une succession de mots tels que « crème de
soin, vin blanc, soupe de petits légumes du soleil… » quand soudain cet enchaînement est brisé par un brutal, sec et rêche « PQ ». La féminité brisée, reportons notre attention sur le kangourou
femelle qui court d’un rayon à l’autre, prenant à peine le temps de vérifier la différence du prix au kilo entre deux articles avant de jeter l’article sélectionné dans le caddie, pressée d’en
finir et de retrouver sa vie, son monde…
Après les kangourous évoluant individuellement, remarquons que certains sont siamois, ou simplement en duo. Ah bah
tenez ! Là, à gauche. Un kangourou-Janus, nommé ainsi en l’honneur du dieu aux deux visages, à la différence ici que, ils ne représentent pas bien et mal, honneur et fourberie, mais bien mâle et
femelle. Il y a deux catégories : la première dans laquelle tout se passe approximativement bien, les deux partis sont à peu près d’accords sur tout, et le reste est sujet à conversation, le plus
souvent brève et dans un calme relatif. La seconde catégorie est celle qu’on entend de loin. Pour elle, tout est matière à discussion, à débat, à conflit, à dispute, qu’il s’agisse de la marque
des cannellonis, de qui pousse le caddie, du regard échangé avec un autre kangourou trop évocateur ou encore de la composition du prochain repas. Jamais d’accords, les deux visages du
kangourou-Janus ne ratent jamais une occasion de se mettre sur le coin de la figure. Après, de savoir sur le coin de laquelle, c’est une autre histoire.
Plus loin, sur votre gauche toujours, devant le rayon chocolat, un kangourou-duo-mâle est accoudé sur le « guidon »
de son caddie. Il attend nonchalamment en sifflotant un air connu de lui seul (entendu dans la voiture avant de couper le contact et transformé par la suite) et en promenant son regard partout et
surtout dans les endroits improbables du supermarché. Il fixe tour à tour ses yeux sur la tôle du plafond, sur un moineau entré par mégarde et à présent perché sur un néon. Il suit
l’arrière-train d’une femelle kangourou en se pourléchant les lèvres puis porte son attention sur une affichette « 5% de PROMO sur la CHOUCROUTE CHOUKMÜTT© » agrafée quelques rayons plus loin.
Vous vous demandez certainement pourquoi je parle de ce kangourou dans la section sur les duos. Eh bien, regardez plus attentivement dans le rayon chocolat. Vous voyez la femelle kangourou qui
compare avec une forte concentration toutes les tablettes, l’œil circonspect, surveillant chaque caractère sur les étiquettes comme si l’un deux contenait l’information essentielle à la
composition de ladite tablette ? Voilà, on dirait qu’elle a finalement choisi. Non, ne pensez pas qu’elle va revenir déposer son gain au caddie. Elle se déplace de quelques mètres pour réitérer
l’opération avec des paquets de biscuits hypercaloriques entre lesquels elle va devoir choisir ceux qui ne lui donneront pas l’impression de devoir faire du pilates pour compenser leur ingestion.
Comprenez ainsi l’air blasé du mâle qui patiente au-dessus de son caddie… Oui. La femelle fait la même chose depuis son arrivée parmi les rayons, et le mâle, lui… Vous aurez compris.
Esquivons les binômes de vieux kangourous, qui tentent de rattraper leur jeunesse en s’éternisant dans les rayons
fruits (5 par jour) bio (parce que c’est bon pour le corps), le rayon des produits laitiers (3 par jour) ainsi que le rayon alcool (le vin, c’bon pour la santé, dixit les curetons du Moyen Âge,
c’est de leur époque). Leur passage dans le supermarché se fait dans un silence quasi-religieux (que vous disais-je à l’instant ?) avec l’observation d’un nombre de regards échangés très
restreint (question de chasteté, vous comprenez, il faut à tout prix éviter de susciter l’envie d’une passion déchaînée qui entraînerait un excès de débauche, surtout à cet âge-là). Le vieux
s’échine péniblement à accompagner le caddie, osant parfois poser sa main sur le bord pour s’aider à avancer. La vieille, elle, porte la liste, pousse le caddie, rouspète contre son p’tit vieux
quand il lambine mais fait très bien semblant de l’oublier la majeure partie du temps (faut pas perdre les bonnes habitudes). En bref, c’est elle qui fait tout. Elle l’autorise parfois à prendre
lui-même un petit article histoire de lui laisser un peu d’ego (Oui oui, c’est bien… Waf). Prenez garde à ne pas oublier ce binôme à la sortie.
D’ailleurs, il est grand temps de chercher à s’extirper de ce monde de malheur qu’est le supermarché. Dirigeons-nous
donc vers la sortie, mais avant cela, passage obligé en caisse. Voilà l’une des étapes les plus difficiles du parcours. Il s’agit dans un premier temps de choisir la bonne parmi les différentes
sortes proposées aux visiteurs-kangourous. La « - 10 articles », la « - 24 articles », la « femmes enceintes et handicapés », la « Espèces Uniquement »… Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi
il y a autant de caisses réservées mais jamais de caisse réservée aux vieux kangourous ? Nous retrouvons le kangourou-sconse, avec sa bulle odorante qui le protège d’éventuels resquilleurs, le
kangourou-Janus en plein prise de bec(s) pour la pile d’articles qui s’est écroulée sur le tapis roulant, les kangourous femelles qui, en posant leurs sélections sur le tapis, revérifient
plusieurs fois si c’est bien celui qu’il leur faut, les kangourous mâles dont la mine réjouie trahit leur bonheur d’en avoir presque terminé. Vous verrez rarement de kangourous dits «
individu-eu-esses » aux caisses. Comme je l’ai précédemment dit, ces créatures n’en ont jamais vraiment fini. Oh, il me semble… Je n’ai pas eu le temps d’évoquer les vieux kangourous. A peine
avons-nous jeté notre dévolu sur une caisse que ce duo s’est précipité devant nous. Le vieux esquissant comme un rictus de regret, la vieille esquissant un rictus mêlant triomphe et indifférence.
Bon, eh bien, patientons le temps qu’ils déposent leurs articles sur le tapis…
…
Patientons à présent le temps qu’ils avancent jusqu’à l’autre extrémité de la caisse pour récupérer leurs
articles.
…
Patientons de nouveau le temps qu’ils organisent leur Tetris™ dans leurs sacs, puis dans leur caddie.
…
Patientons enfin le temps que la vieille sorte son chéquier, qu’elle essaie de le remplir, défiant ainsi l’hôtesse de
caisse qui vient de lui dire de ne pas le faire, qu’elle signe le chèque, qu’elle attende avec méfiance qu’il passe dans la machine, puis qu’elle y jette un œil mauvais, persuadée qu’un chiffre
en trop s’est ajouté au compte juste, puis qu’elle le signe en hésitant sur la forme d’une lettre.
…
Ah ! C’est à nous ! Nous avons dès lors soit de la chance, soit… nous n’en avons pas. Il peut se trouver que
l’hôtesse sus ci-nommée est un individu charmant, souriant malgré la redondance de son job, ou bien qu’il s’agisse d’une créature aux cernes provocantes, aux dents acérées ne demandant qu’à en
découdre. Oui, damoiseaux, damoiselles, nous avons bien affaire ici à quelque chose que j’appellerai Nahualli, rapport à l’acception première de ce mot qui désigne le « double-animal » chez les
Aztèques. Ce petit apport de Anthropozoologie dans cette conférence de Zoo-anthropomorphie me permet de relever un peu le niveau (bien que déjà très élevé), en y apportant un petit point
culturel. Ceci étant dit, la Nahualli nous pose sa question préférée, qu’elle demande également chez elle, en saluant sa voisine, son boulanger ou encore son mari, ou tout simplement en répondant
au téléphone, à savoir : « Bonjour ! Vous avez la carte fidélité ? ». Je ne m’éterniserait pas sur ce point puisqu’ils sont nombreux à l’avoir fait avant moi. Nous passons cette épreuve avec brio
et nous élançons à présent vers la sortie.
Il faut savoir que ce qui suit est l’exact opposé de l’arrivée. Il s’agit d’éviter les pachydermes à roulettes, les
kangourous surexcités à l’idée de s’en être sortis vivants, mais aussi ceux qui affichent le fatalisme et la résignation sur leurs visages : ceux qui s’apprêtent à entrer. Comme nous nous
trouvons en heure de pointe, chose qu’il ne faut pourtant pas faire à un supermarché, nous allons pouvoir étudier certains spécimens jusqu’alors inconnus. Aux commandes des pachydermes sur roues,
nous pouvons remarquer qu’il y a beaucoup de chiens, aboyant après les kangourous qui s’approchent de leur moyen de locomotion, prêts à y déposer leurs achats, dans le but de les voir accélérer
pour récupérer l’emplacement de stationnement. Ces hurleurs, que nous nommerons Dingos en l’honneur des chiens sauvages piailleurs d’Australie (vous voyez que vous apprenez des choses !),
se montrent de plus en plus insistants à mesure que le temps passe. Qu’ils vous voient arrivent, ils ronchonnent dans leurs moustaches. Que vous commenciez à vider le caddie, ils montrent les
dents. Que vous en soyez à la moitié, ils s’impatientent franchement. Que vous en ayez fini, prêts à remporter le caddie là où vous l’avez pris, ils gueulent franchement. Et encore, ce n’est pas
terminé ! Dès lors que vous cherchez à sortir de votre place de parking, il arrive qu’un dingo mal intentionné se prépare déjà à vous remplacer sans comprendre qu’il entrave votre départ. Il
s’énerve alors d’autant plus, parce que son idiotie est de votre faute… On remarquera finalement que des dingos s’expriment beaucoup sur tous les types de kangourous mais bien plus sur les vieux.
A tort ou à raison ? Ce n’est pas mon rôle de le dire.
Voilà, cette conférence s’achève à présent. J’espère que cela vous a intéressé, l’anthropologie moderne est si
passionnante que nous pourrions continuer à disserter sur elle pendant des heures ! C’est aussi pour cela que j’ai choisi d’enquêter sur la Zoo-Anthropomorphie, branche que j’ai moi-même créée
dans le but de démontrer qu’hommes et bêtes ne sont pas si différents, et qu’il existe beaucoup d’hommes bêtes (idée que peut également exprimer le terme Nahualli mais ceci est une autre
histoire).
Je vous souhaite maintenant une bonne fin de [REMPLACER PAR LA MENTION CORRESPONDANTE] et espère vous retrouver
bientôt pour une nouvelle conférence dont le sujet demeure une surprise !