Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 02:52

(Note : Ce n'est pas ce que j'ai écris de mieux, loin s'en faut, mais disons que c'est un petit exercice de style que j'avais commencé à la fac, en perdition donc, ce qui peut être une excuse valable.)

 


 

    J’ai accepté de venir sans trop le vouloir. Et me voilà maintenant vissé à cette chaise, à voir jusqu’à la limite de l’écœurement viscéral cette profusion de corps se trémoussant terriblement trop vite sur un tempo terriblement trop lent. On me félicite pour ma tenue, j’évite de tergiverser, je la vire. J’ai soudain la vive impression de vivre une vie vraiment vide d’intérêt. Je scrute les gens présents. Je me demande ce que je ressens, mais à part une forte odeur de musc, je ne sens rien. Je devrais sans doute partir. M’en aller serait un véritable revirement de situation. Oui. Je me lève et, ce faisant, je ne manque pas de renverser un verre plein de jus de goyave, ou est-ce papaye ? Quel qu’il soit, le contenu se répand. Pendant quelques secondes, je m’en repens. Puis résonne plus loin un rire bruyant. Je reprends mes esprits et retourne à ma petite réflexion en pensant que je veux revendre ma voiture au plus offrant. Mais un nouvel évènement se présente devant moi. Un évènement que je veux éviter. Je me ressaisis et me rassois. Patience. Je vais attendre qu’il me dépasse en rêvassant. Je ronge mon frein et range mes clés. Un ange défile. L’évènement le suis. Sauf que l’ange vole. L’évènement marche sur la flaque de goyave – qui peut tout aussi bien être de la papaye – et glisse. Je le vois se vautrer. Il se ramasse comme il faut et fait comme si c’était pour de faux. Il s’assied sur un pied et saute sur les deux. De nouveau debout, le jus goutte. Il le sait. Ça le dégoûte. Il se secoue et son cou craque. Il crie et s’écrie pour qu’on coure à son secours. Les rats accourent. Moi je souris et vais vers la sortie. Je profite de cette diversion assez divertissante pour pouvoir me soustraire à cette somme de ploucs. Je réussis à échapper à la vigilance des vilaines vigiles qui vagissent près de la véranda. J’arrive finalement sur le parking couvert. Un peu à découvert, je me précipite pour parvenir à mon véhicule. Et là, évidemment, ce que je vois me laisse sans voix : pare-brise et pare-chocs complètement pétés par des parpaings et pneus partis. Pari réussi : soirée pourrie !

Par Angelofys - Publié dans : Mes Textes
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 20:51

   Bonjour à tous et bienvenue pour cette nouvelle conférence. Hum hum...


   L’enfance est la mémoire de l’âme. Comment ça « non » , ? L’enfance est le miroir de l’homme. Ah bon, ben… oups. Moi qui désirais commencer ce petit exposé par une jolie petite citation, me voilà bien désappointé. Et s’il y a bien une chose que je n’aime pas, c’est être désappointé. (Citation : ok !)

   Bref, tout ça pour évoquer le thème que j’ai aujourd’hui choisi, élaboré avec la collaboration de collaborateurs de L3 Lettres à Avignon (ou en Avignon, on peut dire les deux) (Citation n°2 : ok !). Thème qui est donc la mémoire. Je vais ici et dès à présent développer ce sujet avec ses aspects divers et variés.

 

   Commençons par un de ceux qui concernent principalement les étudiants : la mémoire en période d’examens. Il faut savoir que retenir la masse d’informations éparpillée entre les nombreuses leçons demande un peu de travail personnel. Pour l’étudiant lambada, lors de l’examen, lorsqu’il s’agit de retranscrire le savoir accumulé au cours des cours, on remarque un certain nombre de « perturbations mémorielles ». Petit florilège.

   → Il arrive bien souvent que la révision de dernière minute ait permis l’afflux de données et notions dans l’espace de réflexion. L’étudiant se concentre dès lors sur elles et s’y accroche désespérément. Pourtant, le cerveau émet parfois un blocage qui se produit à l'instant précis où la feuille du sujet se matérialise sur la table, si bien qu'à sa lecture, adieu données et notions !

   → Le temps passe, s'enfuyant à grande vitesse sans se prendre pour regarder derrière lui (ouh c'était osé comme tournure ça!). L'étudiant aimerait fuir avec les minutes mais il est retenu par son indéfectible sens du devoir, et accessoirement, par la trouille monstre d'une sale note qui viendrait entacher sont dossier universitaire. Sous le regard de surveillant de prison du prof, notre étudiant prend l'air de celui qui a juste échappé un mot dans un raisonnement parfaitement ordonné, quand bien même il n'a rien couché sur sa copie depuis son nom. Cette figure cache en réalité un stress allant croissant. Soudain, une idée fuse, claire, nette, précise, réminiscence persistante d'un point vu récemment. L'élève va alors la saisir fébrilement, heureux d'avoir (enfin) quelque chose à écrire. Oui, sauf que, le temps que la mine du stylo fasse le trajet infime qui la sépare de la feuille, la merveilleuse idée s'est fait la malle sans prendre le temps de faire sa valise. Envolée! Disparue, désintégrée, ratatinée !

   → Dernier point à ce propos. La mémoire possède un côté plaisantin qui n'est pas du goût de tout le monde, dans le sens où elle peut décider de revenir faire un petit coucou quelques minutes avant l'échéance à partir de laquelle elle sera caduque, lorsqu'il faut arrêter de composer pour rendre la copie. Ouh la vilaine !

 

   Nouveau sujet. Je vous laisse de toute manière le soin de compléter par votre propre vécu. Quittons la salle de cours. Aaaaaaah... Mais avant de retrouver notre doux foyer, égarons-nous sur le chemin du retour. Passons à un endroit qui fait rêver tout le monde, à cet endroit si particulier qui a tendance à vous rendre merveilleusement chèvre, faisant de vos nerfs de petites pelotes tremblotantes. Bref, le sujet est la mémoire, je ne vais donc pas m'appesantir sur le super-marché. Oui, c'est bien notre destination. Comment? Vous ne l'aviez pas deviné? Roh... à d'autres !

   Nous arrivons tout d'abord sur le parking. En ce lieu, la mémoire nous joue parfois quelques tours, s'appuyant sur nos habitudes. Sortons donc de l'habitacle, claquons la portière et avançons tranquillement sur la distance qui nous sépare de l'entrée. Quand soudain, alors que nous y sommes presque, un petit doute survient. LE doute. THE BIG DOUTE ! « J'ai bien fermé à clé hein? ». La question pour le million. Le geste est tellement automatique que le cerveau ne distingue plus le nombre d'occurrences. L'image de la clé qui tourne dans la serrure date-t-elle d'aujourd'hui? D'hier? D'avant-hier? De la semaine dernière? Dès lors, chacun est pris d'un réflexe normal, humain, mais complètement stupide. On se fige et on se retourne, comme s'il était possible, à plus de cent trois mètres, de voir si le pignon de la portière est sorti de 2 ou bien de 5,3cm. En général, on n'ose pas revenir sur ses pas pour vérifier (sauf s'il n'y a aucun témoin à assassiner pour préserver son honneur et se « taper l'affiche »). Mais juste avant cela, ou pendant ce même temps, alors qu'on se retourne, il arrive régulièrement qu'on ne se souvienne même plus de l'endroit précis qu'on vient pourtant juste de quitter. Une fois de plus, l'habitude se moque de nous. On n'a plus qu'une vague idée de l'emplacement exact vers où il faut chercher son véhicule. Du coup, on cherche à repérer un pignon de moins de 6cm à une distance d'environ cent mètres dans une direction approximative. Bref, c'est pas gagné!

 

   Chassons ce doute, persuadés que oui, ce souvenir de la fermeture de la portière est du jour, et entrons dans le supermarché. Rassurez-vous, ça ne prendra pas longtemps puisque nous y aller avec une liste précise en tête : piles AA, Nutella et croquettes pour le chat. À travers les rayons, cette liste se transforme petit à petit, sournoisement. Les articles défilent devant nos yeux. Tiens, j'ai bien envie de ça. Oh! Ça j'en ai plus. Ah mais ça fait longtemps que j'ai pas mangé ça. Et moi qui me disais hier que j'avais besoin de ce truc. Tant et si bien que, la caisse passée, on se retrouve avec des Pépito, des yaourts La Laitière, un paquet de bâtons d'encens et de la pâtée pour chat. Même chose qu'au parking, en réalisant les manques, on n'osera jamais faire demi-tour pour récupérer les oublis. Du coup, on se retrouve avec nos articles dans les bras (j'ai oublié de préciser qu'on a oublié le sac plastique réutilisable? Mais, cette fois, on est content! On n'en a pas racheté un 41ème.), au beau milieu du parking avec ce genre de pensée en tête : « Alors, je m'étais garé près d'un lampadaire. A côté d'une twingo bleue. Alors... pof pof pof... où est-ce... » Et souvent, c'est lorsqu'on voit cette twingo bleue sortir du parking, à l'autre bout, qu'on se dit qu'on aimerait bien aller se coucher.

 

 

À suivre...

Par Angelofys - Publié dans : Conférences.
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 16:22

J'ai grandi. Et maintenant j'ose.

 

J'ai grandi et maintenant j'ose dire quand ça ne va pas.

J'ai grandi et maintenant j'ose me plaindre aux secrétaires.

J'ai grandi et maintenant j'ose gueuler sur un employé qui me prend pour un con.

J'ai grandi et maintenant j'ose parler aux commerçants sans rougir instantanément.

J'ai grandi et maintenant j'ose leur sortir des blagues nulles qui les fait sourire.

J'ai grandi et maintenant j'ose faire mon one man show avec des gens autour.

J'ai grandi et maintenant j'ose chanter faux et fort.

J'ai grandi et maintenant j'ose exulter en public.

J'ai grandi et maintenant j'ose écouter tout un album quand une chanson me plaît.

J'ai grandi et maintenant j'ose découvrir d'autres choses.

J'ai grandi et maintenant j'ose manger hors de chez moi.

J'ai grandi et maintenant j'ose aller dans des toilettes publiques.

J'ai grandi et maintenant j'ose faire plein de choses qui m'auraient effrayé.

J'ai grandi et maintenant j'ose être le personnage que je suis.

 

J'ai grandi. Mais je suis toujours perdu.

 

Je suis toujours perdu quand il faut prendre de grandes décisions.

Je suis toujours perdu quand il faut travailler plus rigoureusement qu'à l'ordinaire.

Je suis toujours perdu quand il faut trouver les mots justes.

Je suis toujours perdu quand il faut réconforter quelqu'un.

Je suis toujours perdu quand il faut réagir très vite.

Je suis toujours perdu quand il faut faire des démarches administratives.

Je suis toujours perdu quand il faut être sérieux et formel.

Je suis toujours perdu quand il faut que je sois adulte.

 

J'ai grandi. Maintenant, j'ose faire certaines choses mais je suis toujours perdu quand il s'agit d'en faire certaines autres. Je suis encore plus à l'aise dans mon rôle de cinglé que dans celui de responsable. J'aime encore grossir mes traits de caractères pour faire rire les autres. Je préfère n'être que celui décroche des sourires ici et là plutôt que celui à qui on parle des mauvaises choses auxquelles je n'ai ni réponses, ni assez de tact pour les traiter convenablement.

Il est toujours plus facile de travestir qui on est vraiment plutôt que de se découvrir. La métaphore est ici plutôt bizarre mais on va dire que ce n'est encore qu'une de mes nombreuses expressions qui paraissent sans prévenir. Mais quoi qu'il en soit, c'est bien là dessus que je vais clore ces phrases.

C'est lorsque je ne grandirai plus que je n'aurai plus rien à apprendre.

Et ça, c'est pas pour tout de suite !

 

Par Angelofys - Publié dans : Le Masque
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Jeudi 15 mars 2012 4 15 /03 /Mars /2012 16:06

Les gens du sud sont des flippés de la vie. Ils ont la capacité d'adaptation d'huîtres marinées dans un surplus d'huile d'olive. Dit comme ça, on pourrait croire que je me sers du procédé bien connu de ce qu'on appelle « l'accent marseillais », c'est à dire que j'exagère, j'enjolive, j'en rajoute. Et pourtant...

Pour l'explication qui va suivre, je suis contrait et forcé d'admettre que le soleil recouvre régulièrement le paysage. Le mistral aussi. Passons ce point de détail qui a tendance, pour une raison qui m'échappe, à crisper les sudistes. Je disions donc que l'astre solaire est plutôt clément et généreux (autant qu'Eole). Par conséquent, les sudistes ont pris l'habitude de s'y habituer. Rien d'anormal jusque là, n'importe qui en aurait fait autant. Cependant, le principal défaut de ce comportement est que lorsque ce n'est pas le vent qui vient, c'est la panique totale!

Prenons la neige dans un premier temps. Ils y sont tellement peu accoutumés qu'il semble parfois qu'ils ignorent véritablement que ce n'est que de l'eau et que ça ne risque pas de les tuer au moindre contact. Ainsi, lorsque quelques flocons aventureux tombent en éclaireurs, les sudistes s'effraient, prennent peur, sont terrifiés! Que faire? Vite, quittons précipitamment les rues, les routes et rentrons nous terrer dans nos maisons! Au cas où ils auraient entendu une chute prochaine de neige, ils envahissent et dévalisent les super-marchés. Et, si le sudiste est obligé de prendre la route, il préfère rouler rapidement, des fois qu'il se retrouve coincé dans la tempête de neige qui n'est pas prévue par la météo et qui a décidé de ne pas venir. Si des flocons se trouvent à terre, ce n'est pas grave, pourvu qu'on puisse arriver vite. Les commerces ferment tôt, pour éviter que la neige décide de s'inviter à l'intérieur. On ferme rapidement la centrale, des fois que les installations pourtant prévues pour ne supportent pas la chute de 82 flocons rebelles. Enfin, par ce temps, lorsque deux sudistes se croisent, l'un deux sortira inéluctablement cette petite phrase typique du sud, parfaitement pléonastique, « Il fait pas chaud heing? ».

Venons-en à présent au sujet qui m'a incité à rédiger ce présent article. Le brouillard. Il est presque aussi rare que la neige en ces lieux. Cela explique peut-être pourquoi les sudistes ne savent pas réagir lors d'une telle situation météorologique. Exemple représentatif ce matin même. Une épaisse purée de pois blancs recouvre tout. On peine à y voir plus loin que les dix mètres. En agglomération, tout va bien, on discerne les rues, les enseignes et les courageux de sortie. Sur les routes, en revanche... Au code de la route, on enseigne à tous les apprentis conducteurs qu'en cas de brouillard, il est nécessaire d'allumer ses feux, non pas pour voir mais pour être vu. Comme le clignotant, la ceinture et le téléphone au volant, cette règle n'est que peu ou pas appliquée. Mais après tout, pourquoi se signaler? Il suffit de rouler sur une voie en ligne droite limitée à 90km/h à une vitesse permettant d'escorter une colonie d'escargots asthmatiques. De plus, il s'agit également de prendre soin des autres usagers de la route. Eh oui, soucieux de la bonne marche des gastéropodes atteints de troubles respiratoires, le sudiste, par brouillard, s'enquit aussi de la sécurité de ses congénères. Ainsi, il fait bien attention à empêcher tout autre véhicule de le dépasser, au cas où d'en face viendrait une créature sortie tout droit de l'imagination d'un certain Stephen King. Je laisse à votre imagination la pensée de rouler de la sorte sur 6km lorsqu'on a un horaire à respecter.

Bref. On trouve toujours de quoi râler. Le plus drôle est de le raconter pour faire partager !

Par Angelofys - Publié dans : Vie de Jour
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 21:50

Le funambule

 

 

Je marche sur la corde tendue. Dans le silence le plus complet, je revis mes plus grands instants sous les projecteurs. Arrivé au bout, je descends sur le sol, quelques centimètres plus bas. Une poignée de secondes plus tard, je tressaillis. La sonnerie du lycée voisin me vrille les tympans malgré les fenêtres closes. Je me sers un verre d'eau qui aide à faire passer mon cachet. Au rez-de-chaussée, le tic-tac régulier de l'horloge de ma femme résonne. Dans la cuisine, c'est le minuteur du four. Les oiseaux gazouillent gaiement, perchés sur la charpente du toit, et leur chant emplit le grenier. À l'étage, par intervalles réguliers, on entend les voitures qui prennent le virage d'en face à toute allure, en faisant crisser leurs pneus sur le bitume. Je détache la corde en soupirant.

 

Ma femme rentre en claquant la porte d'entrée. Elle est au téléphone. Elle s'étonne, rit, parle fort. Ses clés tintent entre ses doigts puis contre le mur où elle les suspend. Elle fouille son sac, y remue son bazar. Dans le salon, elle allume la télé, pour l'image, et, sans couper le son, branche également sa chaîne hi-fi, pour la musique. Dehors, les derniers lycéens s'esclaffent encore dans la rue. Les vêpres sonnées font vibrer les vitres. Ma femme raccroche, tape des mains, crie mon nom. Elle monte les marches avec ses talons hauts. Une voiture passe. Le parquet craque. Elle m'appelle de nouveau, poursuivant son ascension. Elle entame une discussion, parlant fort, secouant ses bras sur lesquels s'entrechoquent ses nombreux bracelets. Elle entre dans la pièce sans s'arrêter. Elle voit la corde. Elle se tait brusquement. Je l'attrape et la soulève pour passer sa tête sous le nœud. Je la laisse là et recule contre le mur, fixant la corde de nouveau tendue. Une autre voiture circule. Un coup de feu retentit. Le four sonne.

Par Angelofys - Publié dans : Mes Textes
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 21:19

Et tu marches, tu marches, tu marches. Pas toujours très droit mais tu avances, l’air sûr de toi, de manière à ce que personne ne se doute de quoi que ce soit. Et tu ne sais pas vraiment où aller, ni comment t’y rendre, mais tu y vas. Et c’est peut(être ça l’idée, toujours continuer, perdurer. Et avec toutes tes questions en tête, tu ne prends pas le temps de chercher des réponses. Peut être t’apparaîtront(elles sans que tu ne l’aies vraiment espéré, là devant toi. Et le chemin s’allonge. Et ta foulée s’accélère. Et le bitume s’efface sur du sable. Et le sable devient roche, la roche terre et la terre eau. Et tu te dis que tu voyages, que tout défile, le paysage, le temps, les amours, les envies… Et la vie. Et toutes ces choses te manqueront. Et tu te mets à les regretter. Et tu commences à sangloter. Et pourtant jamais tu ne songes à t’arrêter parce que cela signifierait que tu renonces à vivre. Et tu poursuis ton avancée. Et tu poursuis tes pensées. Et au loin, tu entrevois la fin du trajet. Et tu te décides à accélérer. Et tu finis finalement par y arriver. Et de l’autre côté, ce que tu vois, ce n’est rien d’autre qu’une autre route. Et il n’a pas de grandes différences avec le précédents. Et tu ne te trouves qu’à la croisée d’autres chemins. Et tu continues de triturer tes pensées. Et tu les commences toutes par « Et ». Et tu fais ainsi de tes pensées la plus longue phrase qui ait jamais existé.

Par Angelofys - Publié dans : Pensées de nuit
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 04:04

La nuit, tu rêves. Le jour, tu explores ces rêves. Et si ça ne se résumait qu’à ça ? D’abord façonner un monde qui nous convient et puis tenter de les développer dans celui qui nous façonne. C’est tout un programme vaste, complexe, plein de rebondissements en tous genres. Finalement, tout ça aboutit à un imaginaire nouveau, en éternel renouvellement.


Tout ça, ça peut paraître bien gentil deux minutes. Mais que se passerait-il si une sorte de fusion s’opérait ? Si on se mettait à rêver la nuit et que nos rêves, à l’inverse, déteignaient sur le monde réel, nous verrions peut-être apparaître au coin d’une rue un semi-remorque transformé en hippopotame bleu à pois blanc, un cobra ailé poursuivi par une autruche enragée, des agents de circulation en tenue de latex rose bonbon, un tas de gens se retrouvant complètement à poil avec leur cartable d’écolier dans la main et leurs chaussons Bugs Bunny au pieds et d’autres harnachés à une chaise de bureau recouverte de punaises multicolores. Peut-être des gens voleraient au dessus des oiseaux, lâchant des fientes et comptant les points. Peut-être serions-nous confrontés à des individus étranges, moitié humains moitié animaux, ne sachant trop quel comportement adopter entre l’instinct primitif et la morale dite civilisée pendant que d’autres laisseraient éclater leur libido jusqu’alors bridée, s’envoyant en l’air dans tous les sens du terme avec célébrités, anonymes et autres animaux ou pièces de mobilier. Se pourrait-il que nous voyons certaines lois de la physique bafouées, le ciel échanger sa place avec le sol, la gravité s’annuler, la glace résister quand le béton fond. Qui sait ?


Et si l’imaginaire d’un seul être se propageait à tous ? Peut-être nous retrouverions-nous submergés dans les profondeurs de l’océan parce qu’une coque de noix a coulé ou encore propulsés sur une planète inconnue peuplée de schtroumpfs belliqueux. Peut-être se pourrait(il qu’une balise soit inventée pour remonter le temps, pendant que des scientifiques ressusciteraient des dinosaures en Corse et que des pirates prenaient Matanceros en faisant tout sauter. Nous pourrions nous retrouver à côtoyer divinités grecques et demi(dieux ou bien voir toute la mythologie débouler sur le plancher. Il se pourrait que le monde ne soit qu’une forêt de rêves bleus dans laquelle tous les animaux ne cherchent qu’à remplir la grosse panse d’un bibendum attardé avec le fruit du dur labeur de pauvres insectes insouciants. Mais une fois de plus, qu’il s’agisse de Cameron, Crichton, Riordan ou Milne, ce serait une atteinte à notre imaginaire personnel.


La vie est ainsi divisée. La nuit, tu rêves. Le jour, tu explores ces rêves. D’une manière ou d’une autre, les rêves, qu’on s’en souvienne ou non, nous influencent, nous marquent. Ce sont eux qui créent les impressions de déjà(vu que nous pouvons avoir. Selon le même principe, ce sont eux qui nous donnent l’impression d’avoir des dons prémonitoires. Ce sont nos rêves qui occupent notre esprit en quête de repos. Ce sont eux qui animent un peu nos nuits. D’aucuns éminents spécialistes tendraient à affirmer que tout rêve, doux comme cauchemardesque, est bon à prendre puisque chacun apporte un enseignement sur la nature profonde de l’être qui le conçoit. Mais là, ça relève d’un niveau qui n’est pas le mien. Aussi, je crois que je veux bien plonger dans un rêve de Milne, histoire de m’entraîner sur un punching bag jaune à t shirt rouge…

Par Angelofys - Publié dans : Réflexions & Analyses
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 15:57

Zoo-Anthropomorphie2

 

 

     Damoiselles, damoiseaux, nous voilà de retour pour une nouvelle conférence à propos de ce terme toujours si compliqué de la zoo-anthropomorphie. La dernière fois, j’ai évoqué, vous prenant à témoin, les multiples créatures qui peuplent l’environnement inhérent à la cour de récréation d’un collège, le tout avec un brio absolument extraordinaire. Aussi, sous les bravo, je m’apprête à réitérer l’exploit. De fait, sans pour autant m’embourber dans un discours déjà empreint d’une redondance à crever les yeux, mais pour tout de même apporter une élément novateur, je vais m’engager dans une étude à peine poussée relative à ces animaux qui sont légion à l’intérieur même de ces espaces que nous sommes tous amenés à fréquenter plusieurs fois par mois, à savoir les centres commerciaux, et plus particulièrement les super-hyper-marchés. Eh oui, car si tous sont sensiblement différents, tous se ressemblent par ceux qui s’y trouvent !
     Nous allons donc ensemble découvrir, ou plus exactement RE-découvrir cet univers aussi étrange que farfelu et, accessoirement, potentiellement dangereux. Quels sont les individus qu’on croise occasionnellement et quels sont ceux qui donnent la véritable impression de les hanter, pauvres bêtes sans âme ni but dans la vie ? Je sais que chacun a déjà remarqué leur petit manège, se demandant ce qu’ils pouvaient glander à travers le labyrinthe des rayonnages, s’autorisant quelques pauses en plein milieu des voies de circulation, s’engageant dans de passionnantes conversations avec les conserves – semble-t-il – ou encore réfléchissant à ce qu’ils ont bien pu manger le midi. Ce fantastique étalage de fruits et légumes frais cachent d’innombrables créatures qui se crêpent souvent le chignon avec les adeptes du rayon « bio », jouxtant le leur. On a donc une sensation de guerre ouverte aux batailles plus ou moins rangées avec des accalmies plus ou moins longues entre des individus plus ou moins… perturbés, dirons-nous.
     A l’instar de ma première conférence, je vais m’employer à vous guider pas à pas dans cette infrastructure tout en décrivant ce sur quoi vous êtes susceptible de tomber nez à nez, face à face ou encore face contre terre (ce qui n’est jamais bien plaisant). Si vous êtes prêts, c’est parti. (Si vous ne l’êtes pas, je vous laisse le soin de le devenir).

     Tout d’abord, aux abords d’un centre commercial, il est d’usage de prendre de grandes précautions quant à la circulation autour des places de stationnement. En effet, il est à redouter une multitude de dangers. Eh oui, il faut éviter les fondus – ou, pour être plus précis, des pachydermes sur roues – qui cherchent à s’entassent avec entêtement sur des emplacements restreints, notamment aux alentours proches des entrées. Il faut donc se méfier des places bleutées qui sont souvent trompeuses. Il est donc primordial de s’éloigner de ces rhinos sans cornes qui jouent à « Qui imite le mieux Speedy Gonzales ? ». Attention, même jeu à pied : éviter les obstacles qui mènent à l’entrée. Pour citer un célèbre entraîneur de Dodgeball : « Evitez les chauffards, vous éviterez le ballon ! ».
     Lorsque vous parvenez à l’intérieur, ne vous croyez surtout pas en sécurité. Ce serait une erreur puisque nous allons rencontrer plusieurs dizaines de créatures étranges. En effet, si de prime abord, nous pourrions penser à des sortes de kangourous difformes avec une poche ventrale sur roulettes couleur métallisée, la vérité est pourtant tout autre. Nous avons affaire à toutes sortes de… choses, dérivées du kangourou. Pour l’heure, contentons-nous d’entrer en territoire ennemi. Poussons donc les barrières automatiques qui ne fonctionnent plus (sinon, nous n’aurions pas eu à les pousser) et nous voilà à présent dans notre lieu d’étude. Mettons dès lors tous nos sens en éveil.
     Souvent, l’entrée, à l’image de l’ensemble, s’apparente à un accès de fourmilière, grouillant et frémissant (notez l’ordre alphabétique de ces termes si bien choisis). Ne perdez pas cette idée durant la visite car cet environnement attire un certain nombre d’insectes. D’autant que… Ah ! Prenez garde ! Là, de chaque côté des barrières battantes, deux petites créatures n’attendent pas les quelques secondes neuronales nécessaires au rétablissement de vos narines pour vous sauter à la gorge, armées de terrifiants morceaux de papiers, communément appelés « pubs ». Ces affreux petits caniches ainsi occupent leur vie en assaillant tout plein de pauvres gens insouciants. Sachez qu’un visage fermé ne les rebutera pas, les vilaines bêtes. Il vous faudra soit sortir habilement de leur champ de vision, soit vous cacher derrière d’autres kangourou-fourmis. Bien évidemment, vous pouvez aussi céder à la solution de facilité, accepter leur papelard et, par là, se résigner à s’exposer à un nouvel assaut, oral cette fois, quant à la fabuleuse promo sur les conserves de rognons de porc qui prend fin le week-end prochain !
     Bref, continuons la visite, à moins bien sûr que vous ne vouliez en entendre davantage sur la baisse substantielle des prix des Playmobil en ces jours de rentrée scolaire. Allons au hasard dans le dédale de couloirs, aussi nommés rayons. Tenez, sur votre gauche ! … Non, l’autre gauche… Oui, voilà. Regardez-moi un peu ça, sans avoir peur toutefois. Ne haussez pas la voix, vous risqueriez de l’effrayer. Ben oui, c’est que c’est quand même puissant, l’odeur du kangourou-sconse. Et c’est bien assez risqué de prendre ce risque. D’autant que ça sort assez rarement ces choses là, surtout quand il y a du monde, vous imaginez bien ! Nous n’allons pas rester trop trop longtemps, sans quoi nous mourrons d’asphyxie, mais visez-moi c’t’engin ! Souvent paré d’une multi-coloration aussi terne qu’il est possible de l’être, le kangourou-sconse s’aventure d’un pas lent hors de son habitat naturel. Sa poche ventrale se remplit surtout de produits propres à une ingestion lente et précautionneuse, ce qui ne l’obligera pas à revenir pour une contre-visite avant un petit moment. Un détail plus… sensible le trahit pourtant. Jusqu’à présent, la description que viens brillamment de vous donner – non, ne me remerciez pas encore – pourrait tout à fait correspondre à une kangourou-fourmi standard, peuplade si présente en ces lieux. Cependant, celles-ci vont et viennent sans faire d’histoires. Le kangourou-sconse, lui, possède un pouvoir odorant qui oblige les autres individus à s’en écarter. On le voit… heu… on le sent dans les rayons mais aussi dans ses déplacements. En effet, dès lors, on distinguera les prévoyants des « victimes ». Les premiers calculeront leur trajet en fonction de la rencontre imminente tandis que les autres ne se douteront de rien. Et leur expression faciale suivant ce croisement est suffisamment éloquent pour que je me garde de m’épancher dessus. N’écoutons que notre courage et plions bagage !
     Hé là ! Pas si vite ! Vous avez failli percuter ce nouvel individu. Ou devrais-je dire « individueuh » (accentuer le phonème conclusif fautif [0]). Comment vous ne l’aviez point remarqué ? Mais enfin voyons que diable ! Cette espèce semble passer une si grande partie de son existence en ces lieux qu’on pourrait en dire qu’elle fait partie intégrante du décor. De manière incompréhensible, ladite espèce n’est composée que « d’individueus » (re-accentuer le phonème fautif [0] et le poursuivre avec le phonème [s] qui le suit  in+di+vi+du+eu+esse). Souvent d’une taille inférieure au mètre cinquante règlementaire dans la plupart des rollercoasters mais tolérée en supermarché, ces créatures-ci se trouvent souvent dans les pattes des autres, à s’exténuer en tentant d’attraper les articles situés le plus haut dans le rayon (les articles les plus chers, ou posés là par les kangourou-girafes qui cherchaient à protéger au moins un produit de la horde grouillante). Les « individueus », ou kangourou-lilliputiennes, sont toujours courbées sur leur poche métallisée, et veulent par tous les moyens accéder aux articles qui leur sont le plus inaccessible possible. Comme celle que nous voyons là-bas, sous les conserves d’anchois, tenez, regardez, appréciez… Observez l’œil hagard, perdu, mais pour le moins déterminé à capturer cette boîte de sardines marinées dans l’huile certifiée 100% végétale ! Contemplez le visage semblant vouloir de l’aide mais avec cet air farouche qui réprime toute pitié. Tout est contradictoire. Remarquez enfin ces rictus qui se dessinent à la commissure de ses lèvres lorsqu’un tiers essaie de s’en mêler, ou même juste s’approche… Tout ceci est criant de réalisme, n’est-ce pas ? Bref, passons. Si nous revenions dans une demi-heure, elle n’aurait bougé que de quelques mètres, en quête d’un nouveau produit en hauteur.
     Passons rapidement sur les kangourous divers et variés qui n’ont que peu d’intérêt dans cette conférence. Comme le faisait très justement remarquer Anthony Kavanagh, les kangourous mâles sont souvent pendus à leur téléphone mobile, parlant avec leur GPS humain qui les guide depuis l’appartement. « Rayon légumes, tu prends trois tomates. – Comment je sais lesquelles prendre ? – Faut qu’elles soient rouges, fermes mais pas trop… - Heu… Gné ? – Voilà, ensuite t’oublieras pas le papier toilettes. Bon courage, poutou poutou ! – Hé ! Mais celui à motifs floraux *clic*… ou le rose ? ». Oui, les mâles sont souvent démunis, face à eux-mêmes avec leur panier (ou caddie). D’ailleurs, à ce propos, avez-vous jamais remarqué que les kangourous mâles ont toujours un souci de proportions ? On en voit soit avec un panier beaucoup trop rempli soit avec un caddie quasi-vide ! Bien entendu, ces individus-ci sont des modèles casés, qui ont oublié comment se diriger et se débrouiller seuls dans un supermarché. Les modèles célibataires sont obligés de faire par leurs propres moyens et donc sont (un peu) plus dégourdis. Bref, suivant !
     Nous venons de croiser quelques spécimens de kangourous mâles. Voyons à présent quelques kangourous femelles. Elles sont l’opposé des mâles. Armées de leur petite liste inscrite sur l’enveloppe d’une facture, elles se dirigent avec détermination dans le dédale de rayons. Elles ne laissent pas leur regard dévier trop longtemps de leur prochain objectif de peur de n’embarquer quelque chose qui n’est pas sur l’enveloppe. Liste sur laquelle on peut trouver une succession de mots tels que « crème de soin, vin blanc, soupe de petits légumes du soleil… » quand soudain cet enchaînement est brisé par un brutal, sec et rêche « PQ ». La féminité brisée, reportons notre attention sur le kangourou femelle qui court d’un rayon à l’autre, prenant à peine le temps de vérifier la différence du prix au kilo entre deux articles avant de jeter l’article sélectionné dans le caddie, pressée d’en finir et de retrouver sa vie, son monde…

     Après les kangourous évoluant individuellement, remarquons que certains sont siamois, ou simplement en duo. Ah bah tenez ! Là, à gauche. Un kangourou-Janus, nommé ainsi en l’honneur du dieu aux deux visages, à la différence ici que, ils ne représentent pas bien et mal, honneur et fourberie, mais bien mâle et femelle. Il y a deux catégories : la première dans laquelle tout se passe approximativement bien, les deux partis sont à peu près d’accords sur tout, et le reste est sujet à conversation, le plus souvent brève et dans un calme relatif. La seconde catégorie est celle qu’on entend de loin. Pour elle, tout est matière à discussion, à débat, à conflit, à dispute, qu’il s’agisse de la marque des cannellonis, de qui pousse le caddie, du regard échangé avec un autre kangourou trop évocateur ou encore de la composition du prochain repas. Jamais d’accords, les deux visages du kangourou-Janus ne ratent jamais une occasion de se mettre sur le coin de la figure. Après, de savoir sur le coin de laquelle, c’est une autre histoire.
     Plus loin, sur votre gauche toujours, devant le rayon chocolat, un kangourou-duo-mâle est accoudé sur le « guidon » de son caddie. Il attend nonchalamment en sifflotant un air connu de lui seul (entendu dans la voiture avant de couper le contact et transformé par la suite) et en promenant son regard partout et surtout dans les endroits improbables du supermarché. Il fixe tour à tour ses yeux sur la tôle du plafond, sur un moineau entré par mégarde et à présent perché sur un néon. Il suit l’arrière-train d’une femelle kangourou en se pourléchant les lèvres puis porte son attention sur une affichette « 5% de PROMO sur la CHOUCROUTE CHOUKMÜTT© » agrafée quelques rayons plus loin. Vous vous demandez certainement pourquoi je parle de ce kangourou dans la section sur les duos. Eh bien, regardez plus attentivement dans le rayon chocolat. Vous voyez la femelle kangourou qui compare avec une forte concentration toutes les tablettes, l’œil circonspect, surveillant chaque caractère sur les étiquettes comme si l’un deux contenait l’information essentielle à la composition de ladite tablette ? Voilà, on dirait qu’elle a finalement choisi. Non, ne pensez pas qu’elle va revenir déposer son gain au caddie. Elle se déplace de quelques mètres pour réitérer l’opération avec des paquets de biscuits hypercaloriques entre lesquels elle va devoir choisir ceux qui ne lui donneront pas l’impression de devoir faire du pilates pour compenser leur ingestion. Comprenez ainsi l’air blasé du mâle qui patiente au-dessus de son caddie… Oui. La femelle fait la même chose depuis son arrivée parmi les rayons, et le mâle, lui… Vous aurez compris.
     Esquivons les binômes de vieux kangourous, qui tentent de rattraper leur jeunesse en s’éternisant dans les rayons fruits (5 par jour) bio (parce que c’est bon pour le corps), le rayon des produits laitiers (3 par jour) ainsi que le rayon alcool (le vin, c’bon pour la santé, dixit les curetons du Moyen Âge, c’est de leur époque). Leur passage dans le supermarché se fait dans un silence quasi-religieux (que vous disais-je à l’instant ?) avec l’observation d’un nombre de regards échangés très restreint (question de chasteté, vous comprenez, il faut à tout prix éviter de susciter l’envie d’une passion déchaînée qui entraînerait un excès de débauche, surtout à cet âge-là). Le vieux s’échine péniblement à accompagner le caddie, osant parfois poser sa main sur le bord pour s’aider à avancer. La vieille, elle, porte la liste, pousse le caddie, rouspète contre son p’tit vieux quand il lambine mais fait très bien semblant de l’oublier la majeure partie du temps (faut pas perdre les bonnes habitudes). En bref, c’est elle qui fait tout. Elle l’autorise parfois à prendre lui-même un petit article histoire de lui laisser un peu d’ego (Oui oui, c’est bien… Waf). Prenez garde à ne pas oublier ce binôme à la sortie.

     D’ailleurs, il est grand temps de chercher à s’extirper de ce monde de malheur qu’est le supermarché. Dirigeons-nous donc vers la sortie, mais avant cela, passage obligé en caisse. Voilà l’une des étapes les plus difficiles du parcours. Il s’agit dans un premier temps de choisir la bonne parmi les différentes sortes proposées aux visiteurs-kangourous. La « - 10 articles », la « - 24 articles », la « femmes enceintes et handicapés », la « Espèces Uniquement »… Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi il y a autant de caisses réservées mais jamais de caisse réservée aux vieux kangourous ? Nous retrouvons le kangourou-sconse, avec sa bulle odorante qui le protège d’éventuels resquilleurs, le kangourou-Janus en plein prise de bec(s) pour la pile d’articles qui s’est écroulée sur le tapis roulant, les kangourous femelles qui, en posant leurs sélections sur le tapis, revérifient plusieurs fois si c’est bien celui qu’il leur faut, les kangourous mâles dont la mine réjouie trahit leur bonheur d’en avoir presque terminé. Vous verrez rarement de kangourous dits « individu-eu-esses » aux caisses. Comme je l’ai précédemment dit, ces créatures n’en ont jamais vraiment fini. Oh, il me semble… Je n’ai pas eu le temps d’évoquer les vieux kangourous. A peine avons-nous jeté notre dévolu sur une caisse que ce duo s’est précipité devant nous. Le vieux esquissant comme un rictus de regret, la vieille esquissant un rictus mêlant triomphe et indifférence. Bon, eh bien, patientons le temps qu’ils déposent leurs articles sur le tapis…

     Patientons à présent le temps qu’ils avancent jusqu’à l’autre extrémité de la caisse pour récupérer leurs articles.

     Patientons de nouveau le temps qu’ils organisent leur Tetris™ dans leurs sacs, puis dans leur caddie.

     Patientons enfin le temps que la vieille sorte son chéquier, qu’elle essaie de le remplir, défiant ainsi l’hôtesse de caisse qui vient de lui dire de ne pas le faire, qu’elle signe le chèque, qu’elle attende avec méfiance qu’il passe dans la machine, puis qu’elle y jette un œil mauvais, persuadée qu’un chiffre en trop s’est ajouté au compte juste, puis qu’elle le signe en hésitant sur la forme d’une lettre.

     Ah ! C’est à nous ! Nous avons dès lors soit de la chance, soit… nous n’en avons pas. Il peut se trouver que l’hôtesse sus ci-nommée est un individu charmant, souriant malgré la redondance de son job, ou bien qu’il s’agisse d’une créature aux cernes provocantes, aux dents acérées ne demandant qu’à en découdre. Oui, damoiseaux, damoiselles, nous avons bien affaire ici à quelque chose que j’appellerai Nahualli, rapport à l’acception première de ce mot qui désigne le « double-animal » chez les Aztèques. Ce petit apport de Anthropozoologie dans cette conférence de Zoo-anthropomorphie me permet de relever un peu le niveau (bien que déjà très élevé), en y apportant un petit point culturel. Ceci étant dit, la Nahualli nous pose sa question préférée, qu’elle demande également chez elle, en saluant sa voisine, son boulanger ou encore son mari, ou tout simplement en répondant au téléphone, à savoir : « Bonjour ! Vous avez la carte fidélité ? ». Je ne m’éterniserait pas sur ce point puisqu’ils sont nombreux à l’avoir fait avant moi. Nous passons cette épreuve avec brio et nous élançons à présent vers la sortie.
     Il faut savoir que ce qui suit est l’exact opposé de l’arrivée. Il s’agit d’éviter les pachydermes à roulettes, les kangourous surexcités à l’idée de s’en être sortis vivants, mais aussi ceux qui affichent le fatalisme et la résignation sur leurs visages : ceux qui s’apprêtent à entrer. Comme nous nous trouvons en heure de pointe, chose qu’il ne faut pourtant pas faire à un supermarché, nous allons pouvoir étudier certains spécimens jusqu’alors inconnus. Aux commandes des pachydermes sur roues, nous pouvons remarquer qu’il y a beaucoup de chiens, aboyant après les kangourous qui s’approchent de leur moyen de locomotion, prêts à y déposer leurs achats, dans le but de les voir accélérer pour récupérer l’emplacement de stationnement. Ces hurleurs, que nous nommerons Dingos en l’honneur des chiens sauvages piailleurs d’Australie (vous voyez que  vous apprenez des choses !), se montrent de plus en plus insistants à mesure que le temps passe. Qu’ils vous voient arrivent, ils ronchonnent dans leurs moustaches. Que vous commenciez à vider le caddie, ils montrent les dents. Que vous en soyez à la moitié, ils s’impatientent franchement. Que vous en ayez fini, prêts à remporter le caddie là où vous l’avez pris, ils gueulent franchement. Et encore, ce n’est pas terminé ! Dès lors que vous cherchez à sortir de votre place de parking, il arrive qu’un dingo mal intentionné se prépare déjà à vous remplacer sans comprendre qu’il entrave votre départ. Il s’énerve alors d’autant plus, parce que son idiotie est de votre faute… On remarquera finalement que des dingos s’expriment beaucoup sur tous les types de kangourous mais bien plus sur les vieux. A tort ou à raison ? Ce n’est pas mon rôle de le dire.

 

 

     Voilà, cette conférence s’achève à présent. J’espère que cela vous a intéressé, l’anthropologie moderne est si passionnante que nous pourrions continuer à disserter sur elle pendant des heures ! C’est aussi pour cela que j’ai choisi d’enquêter sur la Zoo-Anthropomorphie, branche que j’ai moi-même créée dans le but de démontrer qu’hommes et bêtes ne sont pas si différents, et qu’il existe beaucoup d’hommes bêtes (idée que peut également exprimer le terme Nahualli mais ceci est une autre histoire).
     Je vous souhaite maintenant une bonne fin de [REMPLACER PAR LA MENTION CORRESPONDANTE] et espère vous retrouver bientôt pour une nouvelle conférence dont le sujet demeure une surprise !

Par Angelofys - Publié dans : Conférences.
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 11:47

Tu commences par quelques mots. D’autres viennent s’y greffer, à la suite. Et le tout va peu à peu former un texte avec, ou non, un sens. Dans mon cas, il s’agit surtout de commencer à écrire quelque chose. Ça y est, j'ai trouvé !


Je serais volontiers resté à la cafet’ pour écrire mais les beaufs sans gêne (pléonasme?) qui chantaient faux à plein poumons sur un morceau sans paroles, quelques tables sur ma gauche, et qui poussaient le vice jusqu’à beugler à chaque prise de parole en bousculant de façon très virile leur voisin à l’autre bout de la table, déplaçant ainsi ladite table qui racle alors sur le sol sur de trop longs centimètres, m’ont subtilement confirmé que l’endroit n’était peut-être pas le plus approprié.


Ah ! Mais j’ai failli oublier les deux boulets sur ma droite, installés en faisant bien attention à provoquer le plus de bruit possible (allant jusqu’à déranger la bande de veaux vagissants nommés plus haut) avec force de crissement de mobilier métallisé, de cris tout court et autres interjections. Quelques minutes de discussion à propos de cette « meuf aussi bonne qu’une canette de coca » (une cyborg en alu j’imagine) précèdent une question extraite d’un quiz sur internet (info extraite de leur conversation « discrète ») et rapportée telle que « Putain, c’est qui qui sont les grands vainqueurs de la première Guerre Mondiale ? ». J’ai failli proposer le nom d’une certaine équipe de foot, histoire de flatter l’écusson bleu que tous deux arboraient sur divers vêtements (ou tous, j’ai pas vérifié). Mais je me suis ravisé. Et s’ils m’avaient cru ?

Par Angelofys - Publié dans : Les désastreuses aventures de l'Ange d'Ys
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 17:34

Le syndrome de la page blanche.

Ce qui est singulier avec ça, c’est que ça n’atteint qu’un certain sujet. En tous cas, il en va comme ça avec moi. La preuve en est ce présent texte. Pourtant incapable de rédiger la suite de mes nouvelles, figé devant l’écran, je laisse mes doigts virevolter sur le clavier dans l’écriture de ces lignes sur le syndrome de la page blanche. Tout ça pour dire que le sérieux laisse trop facilement place à la fantaisie et accueille avec trop d’amabilité ces lignes, coulant à l’image d’un fleuve en crue.

Je crois qu’en chacun de nous sommeille un potentiel, que tout le monde peut savoir écrire, dessiner, jouer de la musique… Il suffit de s’y mettre. J’aimerais pouvoir recourir facilement d’un moyen d’expression à un autre. Ne plus savoir comment le dire ? Le dessiner. Ne pas savoir exprimer son sentiment ? Permettre aux notes de le fredonner. Ce que la prose ne peut transmettre, les vers le peuvent.

Tout serait si facile. Le tout est de s’y mettre. Pour cela, il faudrait avoir la volonté nécessaire, infaillible de ne pas décrocher aux premières diffficultés. Il n’y a pas vraiment d’excuses recevables pour s’y soustraire. Un manque de temps ? Organise-toi différemment, tu en trouveras. Un manque d’envie ? Trouve une motivation. Pas la tête à ça ? Chaque chose est un moyen d’expression en soi. La joie dans une mélodie entraînante. La tristesse dans des vers mélancoliques. La fascination sur papier canson format A4.

La vie est vaste. Les chemins sont nombreux. D’aucuns disent qu’on ne peut en choisir que quelques uns. Il ne suffit pas de s’incliner devant la difficulté mais bien être capable de continuer à avancer. Et c’est en persévérant qu’on s’apercevra que les occasions sont multiples et que chacune offre de nouvelles portes, accès à d’autres voies.

Je sais qu’il peut arriver de ne plus avoir d’idées. Toutefois, je crois que le syndrome de la page blanche n’est en réalité qu’une entreprise de l’esprit pour se décourager. La surmonter permettrait de se rendre compte que les idées manquantes sont bien présentes. Et qu’elle n’attende que d’être correctement formulées.

Par Angelofys - Publié dans : Pensées de nuit
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 02:47

La Zoo-anthropomorphie.

 

Mais que voilà un titre compliqué pour une chose si simple que je m’en vais expliquer ci-après. Commençons, si vous le voulez bien, par une petite introduction.

Hum-hum…

 

Pour comprendre où je vais en venir, il faut tout d’abord avoir quelques notions que je vais introduire – ou répéter pour ceux qui les ont en mémoire. Donc, pour cela, sortez. Quittez votre pc (ou mac je n’suis pas raciste). Allez dehors (bande de troglodytes !) et observez le monde qui vous entoure. Plus précisément, regardez les gens qui gravitent un peu partout et qui donnent l’impression de savoir où ils vont. Pour une meilleure analyse, visez-moi plus particulièrement les groupes d’individus. Bon, maintenant que vous êtes de retour devant votre écran pour saisir la suite de ces lignes d’un intérêt phénoménal, je peux poursuivre mon avancée littéraire hors du commun.  Je disions donc…

Maintenant que vous avez vu. Réfléchissez un instant à ce que vous avez vu. Certes dans la rue, chacun ressemble à s’y méprendre à un pauvre hère aussi bien perdu dans l’espace que dans son esprit. Cependant, je vais prendre un exemple précis que j’avais développé dans une précédente conférence que j’ai tenue en Bourgogne il y a de cela six ans et que je vais développer à nouveau ici devant vous. J’avais cité l’exemple d’une cour de récréation standard dans un collège. Collège que je fréquentais alors en tant qu’observateur habilement dissimulé sous l’apparence d’un péquin de 4è standard. Mais ceci n’est pas la question du sujet. Bref.

Pendant toute une année, je me suis attelé à la contemplation du tableau que je contemplais à chaque récréation. Je suis finalement parvenu à analyser ce qui s’offrait à mes yeux ébahis. A force de la regarder, la cour s’est transformée sous mes yeux en un véritable étalage d’animaux sauvages. N’étaient plus élèves les êtres qui peuplaient cette surface d’herbe et de béton. J’avais devant moi un environnement étrange où se fréquentaient des animaux que d’ordinaire tout sépare. A droite, à gauche, au nord, au sud… partout s’étaient répandus ces individus individualistes ou communautaires. Les meutes avides de nouveaux paysages se mouvaient dans l’espace en faisant parfois frémir les autres espèces. Nous y sommes enfin. Entamons la visite guidée.

 

Sur votre droite messieurs-dames, vous avez le déplaisir d’entendre un nuage de pies (que d’autres nomment facilement « banc de truites »). Il ne faut pas vous fier à votre sommaire connaissance en la matière. Il s’agit d’une espèce très particulière de piafs que celle-ci. Si elles ne sont pas bicolores, elles conservent pourtant majoritairement les mêmes atours. Aucune ne semble vouloir sortir du lot, comme si l’appartenance au nuage était leur seule et unique raison de vivre. L’individualisme n’existe pas chez cette curieuse espèce. Il n’est pas question de se démarquer des autres. Il n’y a pas de première personne du singulier. Uniquement des premières personnes du pluriel. Sous leur apparence peu effrayante bien que peu attrayante, il faut toutefois se méfier de plusieurs choses en passant à côté de tel nuage.

Si le caquètement incessant de leurs tas d’inepties régurgitées à une telle vitesse que même leurs congénères ne sont pas forcément capables de les avaler vous vrille les tympans, je ne saurais que trop vous conseiller de vous protéger également les sinus. En effet, apprenez que les nuages de pies se parent d’une tonne et demie de parfums qui, s’ils étaient appliqués en doses raisonnables, seraient tout à fait agréables mais qui sont pour le coup de véritables nuisances olfactives pour quiconque oserait s’aventurer près d’eux (les nuages).

 

Passons donc rapidement ce danger… pour nous jeter dans un autre. Nous sommes à présent devant un troupeau de gorilles enragés, dopés par des litres et des litres de boissons gazeuses hors de prix et des magazines interdits aux mineurs (les moins de 18ans, pas les gens qui imitent les taupes pour des cailloux). On remarque une diversité de physiques pour ces individus qui se regroupent pourtant par divers points remarquables que je vais énoncer à présent. Tout d’abord, grands ou petits, on retrouve une certaine concordance quant à la largeur du corps. Toutefois, on ne peut distinguer ceux pour qui c’est le corps qui est large et ceux pour qui c’est l’habit (l’inévitable blouson-doudoune sombre avec le gros bouledogue qui bave dans le dos). Des gorilles avec des blousons ! Ne voyez-vous pas là quelque incohérence ? Passons puisque l’incohérence fait partie de ces choses qui caractérisent ces troupeaux.

Leur tête est dissimulée sous des casquettes assorties aux blousons. Ils se sont étrangement recouverts les pattes de chaussures aussi larges que leur esprit est étroit, sans lacets. Bref, s’ils étaient humains, nous pourrions qualifier ces animaux de « pseudos loubards à la manque qui doivent avoir quelque chose à compenser ». Pourtant, ce sont bien des gorilles. La lourdeur de leurs pas, leurs vagissements de mâles en rut, leurs membres gauches, lents et maladroits et leurs phrases nominales (et souvent uni-syllabiques) ne laissent aucun doute sur leur filiation. Très portés sur les démonstrations viriles et musclées qu’ils aiment dispenser à tout-va (tout comme leur salive qu’ils prennent un incompréhensible plaisir à répandre sur le sol) on peut aisément les berner en leur posant une question digne des plus grandes énigmes (Mais quelle heure est-il ? Et votre patronyme très cher ? ou encore Comment ça se fait ?) Résultat garanti.

 

Je vois que votre regard se détourne rapidement de ces individus étranges. Quoi ? Vous vous demandez quels sont ces créatures qui suivent les gorilles, s’esclaffant à leurs blagues pas drôles, courbant l’échine à leur passage et tentant sans cesse de se mêler à eux ? Vous vous posez de bonnes questions ! J’y répondrai comme ceci : vous connaissez les poissons-pilotes ? Ces animaux vivent aux crochets des autres, s’attribuant leur protection (sommaire) moyennant quelques menus services. Eh bien, les petits êtres plus ou moins fluets que vous voyez autour des gorilles, ce sont en quelque sorte des poissons-pilotes. Il est clair qu’ils ne devraient pas tremper dans la même mare que les macaques géants mais le fait est que, dans une cour de récréation, c’est le cas. Comment les décrire plus avant que je ne l’ai déjà fait ? Eh bien, je pourrais ajouter qu’ils sont totalement dépourvus de sens communs et d’amour propre. Prêts à parer tout manque de leurs idoles casquettés, ils se rapprochent davantage au moindre bruit suspect afin de subvenir à tous les besoins du troupeau. Bien qu’en large infériorité numérique, les poissons-pilotes tiennent bon. Il arrive pourtant, et c’est bien malheureux pour eux, qu’ils se fassent quand même passer à tabac lorsque leurs supérieurs ont un nouveau neurone qui lâche. Que de poissons-pilotes sont entrés dans les toilettes pour en ressortir… différents. Pourtant, rien ne peut briser leur indéfectible admiration. Ils seront toujours fiers d’être à leur place.

 

Un peu plus loin, vous avez un nouveau nuage. Je sais ce que vous pensez. Mais je vous détrompe tout de suite. Il ne s’agit pas d’un autre attroupement de pies bien qu’il y ressemble beaucoup. L’apparence est sensiblement la même, à ceci près qu’on y trouve un peu plus de diversité, chaque individu cherchant à faire mieux que ses congénères. On voit également quelques prouesses capillaires ici et là qui peuvent mériter des entrées sur le podium du mauvais goût. Ces animaux-là, à l’inverse des pies croisées précédemment, ne caquètent pas. C’est autre chose.  De prime abord, vous remarquerez que cela semble s’apparenter à des cris tantôt aigus et tantôt gras. Vous oserez vous aventurer prudemment près du nuage et vous pourrez vous apercevoir qu’en fait, il s’agit de sortes de rires acides. Vous voilà près d’une horde de hyènes. Ces êtres aux dents longues, à l’humour douteux et aux contours mal définis règnent en maîtres sur l’univers des ragots, des potins et des poignards dans le dos. Au courant de tous les bruits de couloirs (qui émanent d’elles), les hyènes n’ont de cesse que de répandre la nouvelle. De la carie au décès, en passant par le bouton d’acné à la mauvaise note, elles savent tout. Leurs informateurs restent inconnus. D’aucuns disent qu’il faut leur attribuer une sensibilité auditive hors du commun. Et personne ne sait si leurs rires sont fruits de vrai ou de faux mais nul ne peut ne pas craindre leur courroux.

 

Tenez, jetez rapidement un coup d’œil par là. C’est une espèce dont la vie se résume simplement : la déambulation. Cet animal tout frêle, portant avec lui sa lourde cargaison au contenu inconnu, traverse la cour sans but (d’où le terme « déambulation ») en long, en large, en travers et de nouveau en travers, en large et en long. Il connaît chaque recoin du paysage. Ce genre étrange de tortue n’a que deux sentiments, ce sont l’espoir et la peur. Il tente parfois quelques incursions en territoire ennemi, voulant sûrement sympathiser. Il lui arrive de croiser le chemin désolé des gorilles qui cherchent à le martyriser pendant que leurs poissons-pilotes meuglent en priant pour qu’ils y parviennent. Effrayé, il s’écarte avec une vivacité étonnante du troupeau grondant et crachant. Après d’autres tours de la cour, il s’approche des hyènes mais leurs élucubrations tordues le font fuir. Plusieurs essais avec des pies l’ont rendu presque fou et il a fini par abandonner l’idée de les approcher. La tortue essaie de rejoindre la bande de singes fougueux à plusieurs reprises pendant une récréation mais abandonne l’idée dès son premier pas amorcé.

 

En parlant de ces singes, messieurs-dames, détournez-vous de la tortue. Au milieu de la cour se trouvent les singes hurleurs : les Alouates. Les cris de ces animaux aux cordes vocales très puissantes, bien qu’avec peu de tessitures différentes, recouvrent la quasi-totalité de l’espace acoustique, pies mises à part bien entendu. Ces créatures étranges n’ont d’autres activités que s’échanger, ou plutôt se disputer inlassablement une sorte de noix de coco vide et la faire rouler jusqu’à deux poteaux en mauvais état. Si la majeure partie d’entre eux aboient sur un vaste terrain pendant qu’ils courent après la ba-balle, deux hurluberlus se suspendent à une barre parallèle au sol qui relie les deux poteaux rongés par l’usure et la rouille. De temps en temps, ces individus-là daignent reposer une patte – ou plus selon l’humeur et l’équilibre précaire qu’ils entretiennent – sur le sol. Leurs beuglements attirent comme ils effraient toute la population qui semble graviter autour d’eux. Leurs habitudes ne diffèrent pas selon les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il neige ou qu’il fiente, ils ne renoncent jamais à leurs cacophonies endiablées… Enfin voyons, reprenez-vous. Si vous ne vous approchez qu’avec prudence, vous avez plus de chance de survivre, malgré une éventuelle fuite de la ba-balle dont le seul et unique raison d’être est de trouver un moyen définitif pour échapper à cette torture.

 

Eh bien, je crois n’avoir oublié pers… je crois n’avoir rien oublié. Je vais dès à présent vous raccompagner à l’entrée de ce zoo hors-normes où l’humanité laisse place à la bestialité que vous avez pu constater de vos propres yeux. J’espère que cette visite guidée ne vous a pas trop laissé pantois. Ah, monsieur, croyez bien que j’en suis désolé. Vous trouverez des rafraîchissements dans votre réfrigérateur. Vous pouvez dès à présent retrouver ce petit univers en haut de ces pages que vous venez de traverser.

Finalement, vous qui lisez mes lignes voyez que tout n’est que question d’interprétation. J’imagine que lorsque vous-même apparteniez peut-être à une catégorie de ce « zoo social ». Peut-être plusieurs éléments vous ont-ils rappelé de bons – ou de mauvais – souvenirs. Quoi qu’il en soit, il s’agit bien évidemment d’une vision très personnelle de cet environnement auquel nous sommes tous confrontés un jour.

C’est ce moment-là de la conférence que je choisis pour annoncer le sujet d’une très prochaine étude que je vous présenterai. Je vous ai aujourd’hui fait traverser une cour de récréation somme toute… particulière. Je me risquerai à transposer le motif de la zoo-anthropomorphie à un tout autre espace : les super-marchés. J’exposerai dans la même idée qu’ici les individus étranges que nous pouvons croiser lorsque nous cherchons à sustenter les placards de nos garde-mangers. Attendez-vous au pire…

Par Angelofys - Publié dans : Conférences.
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Samedi 20 août 2011 6 20 /08 /Août /2011 23:44

 

 

Laissons-nous aller à rêver d'un monde oublié et voyons ce qui fut égaré. Y dégotterons-nous des secrets immémoriaux relatifs aux plaisirs simples d'une vie simplement vécue ou bien la recette de la vie éternelle? Et si ce monde déserté avait déjà été visité, vidé et n'avait finalement été réduit qu'à un flottement incessant de pensées laissées de côté? S'il n'était rien de plus que le refuge d'intentions bafouées, de désirs refoulés et d'espoirs déçus? Et si ce monde regretté n'était en réalité que le sombre puits de nos péchés?

Laissons-nous aller à rêver d'un monde oublié et voyons ce qui fut égaré. Y trouverons-nous plus de trésors que nous puissions jamais en imaginer? Tous les trésors sont-ils seulement faits d'argent et d'or? Ce qui est précieux pour nous l'est-il aussi pour d'autres? Comment distinguerions-nous ce qu'il nous faudrait de ce que nous voudrions avoir besoin? Serions-nous avides ou raisonnables, cupides ou probes? Laisserions-nous nos émotions prendre le dessus et les laisser nous égarer à notre tour dans cet univers inconnu?
Laissons-nous aller à rêver d'un monde oublié et voyons ce qui fut égaré. Et si ce voyage était sans retour? Regretterions-nous de l'avoir fait? Regretterions-nous ce monde qui fut le nôtre avant notre départ? Trouverions-nous dans cet environnement abandonné de quoi survivre? Trouverions-nous dans ce monde tombé en décrépitude la force de lui forger une nouvelle existence? Que faudrait-il que nous fassions pour mettre à profit les richesses qu'il renferme? Quand bien même, serait-ce suffisant?
Laissons-nous aller à rêver d'un monde oublié et voyons ce qui fut égaré.

Peut-être ne devrions-nous qu'en rêver. Ou peut-être ne devrions-nous juste ne plus y penser.

Par Angelofys - Publié dans : Pensées de nuit
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 17:19

Des questions.

Beaucoup de questions.

Trop de questions.

Que des questions.

Des réponses.

Peu de réponses.

Trop peu de réponses.

Et s’il n’y en avait tout simplement pas ?

 

On passe notre vie à se poser des questions, à s’interroger sur l’ensemble de ce qui fait notre existence. Que vais-je manger ? Comment occuper mon temps ? Suis-je amoureux ? Tiens, qui est-ce ? Que veut-dire ce mot ? Quelle heure est-il ?

Alors bien sûr, on s’enquiert des réponses. On cherche à élucider tous ces mystères. Des fois, la recherche de questions nous satisfait. Mais, plus souvent, la résolution d’une question ne fait qu’en soulever de nouvelles.

Que faut-il faire alors ? Les éluder ? Ignorer chaque interrogation qui vient nous strier l’esprit ? Ou bien concentrer notre attention sur la recherche intensive des réponses ?

 

Tout aurait l’air tellement simple si les réponses s’imposaient d’elles-mêmes.

Tout aurait l’air tellement plus facile si la vie suivait son cours sans que nous ne le suspendions avec nos éternelles questions existentielles.

Tout aurait l’air tellement…. mieux.

 

Seulement, si on ne se posait pas de questions, qu’adviendrait-il ? Serions-nous condamnés ? Condamnés à subir les évènements, les caprices du jeu de hasard qu’est la vie ?

Mais n’est-ce pas ce à quoi nous sommes déjà condamnés ? N’est-ce pas déjà le rythme de l’existence ?

 

Une question soulève d’autres questions.

Une réponse mène à d’autres réponses.

Et on ne sort jamais de ce cercle vicieux.

Et on ne sort jamais de cette spirale infernale.

 

Toujours, de nouvelles questions se forment. Certaines font avancer l’action. D’autres la ralentissent. On peut avoir le choix de s’en poser ou de laisser filer.

Des fois, j’aimerais pouvoir reprendre ma vie.

 

Dans cette réalité différente, je ne me poserais plus de questions.

Dans cette réalité différente, peut-être que je m’en poserais tout autant.

Dans cette réalité différente, peut-être que je ne m’en poserais que davantage.

Par Angelofys - Publié dans : Le Masque
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 11:31

Il y a quand même certaines questions qui viennent à l’improviste mettre un joyeux bordel dans nos pensées. Par exemple, alors que tout allait bien, pourquoi faut-il que je me demande : « A quoi pensait-on quand on a découvert l’acupuncture ? ». Alors, déjà, ouais, c’est une bonne question qui me fait penser aux questions existentielles de Pierre Légaré. Et puis, zut ! D’où ça vient ça comme question ? Franchement ! J’ai jamais fait d’acupuncture et je suis dans un cours qui parle de Jean de La Fontaine et le thème du loup dans les Fables, what’s the point ? Comment mon cerveau est passé de l’un à l’autre ? Nan mais si quelqu’un est susceptible de me donner la réponse, qu’il me la donne ! J’en soufre un max de tant d’ignorance de ma part !

 

En fait non mais j’aime bien l’effet dramatique que ça crée.

 

Et, ce n’est pas vraiment un article vain, allez voir la vidéo linkée Ici-ohé-par-lààààààà !

Par Angelofys - Publié dans : Réflexions & Analyses
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Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 12:57

Combien de fois dans une vie change-t-on de vie ? Combien de vies avons-nous dans une vie ? J’ai souvent lu la question sans jamais de réponse. Pour avoir la réponse, il suffit d’y réfléchir pourrait-on dire. Toutefois, la réponse diffère selon qui la donne. Cela dit, il faudrait d’abord comprendre ce qui est entendu dans le terme de changer de vie.

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> Est-ce qu’il s’agit de changer de visage ? Dans ce cas, peu doivent pouvoir se vanter d’avoir changé de vie !

> Changer de nom ? Donc seules les femmes mariées (ou évadés en fuite) changent de vie.

> Peut-être est-ce changer de continent, de pays, de ville, de maison… bref, déménager dans un nouvel endroit ?

> Serait-ce un changement d’amis ? S’en faire de nouveaux et virer les autres ? Ou encore en rencontrer un autre ?

> Trouver l’amour ? Le perdre ?

> Cela peut-il être un nouvel emploi du temps ?

> Et pourquoi pas l’arrivée d’un nouveau jouet ?

 

Si on regarde toutes ces possibilités, notre vie a mille occasions de changer. Il s’agit surtout – dans les cas ordinaires – de nouveauté. Du nouveau dans une existence. Quitter le cocon familial et vivre dans son propre appartement. Découvrir une vie nouvelle loin de celle qu’on a pu connaître auparavant. Des fois, c’est pour s’apercevoir qu’on était mieux loti là-bas, ou mieux ici. On suit ensuite le fil d’Ariane jusqu’à de nouveaux chamboulements.


On vagabonde, fricotant ici et là. On fait de bonnes rencontres et de moins bonnes. On trouve des amis. On trouve des blaireaux. On continue d’avancer à travers diverses épreuves éparses. Des liens se créent, d’autres se défont. On emménage. On déménage. On entame un cursus pour l’abandonner quelques mois plus tard. On rentre chez papa pour repartir quelques mois plus tard et commencer quelque chose qui nous correspond vraiment.

On trouve l’amour. On le quitte par peur d’engagement réel puis on renoue avec lui pour commencer quelque chose de durable. On part d’un appartement devenu trop petit pour s’installer dans une maison à l’écart de l’agitation de la ville sans oublier d’embarquer le chat. On se sent prêt à vraiment débuter une expérience nouvelle avec Quelqu’un.

 

Ce n’est peut-être qu’après un certain nombre de vies différentes qu’on peut comprendre ce qui peut nous aller.

Ce n’est peut-être qu’en bougeant beaucoup qu’on peut saisir l’intérêt de se fixer.

Ce n’est sûrement qu’en rencontrant le bon Quelqu’un qu’on peut réaliser à quel point on souhaite aller plus loin.

 

C’est par le gré des vents qu’on trouve l’expérience de la vie.

Par Angelofys - Publié dans : Vie de Jour
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 00:05

 

Petit retour à la version écrite. Petit retour à mes petits papiers soigneusement rédigés à la main pour être transposés et diffusés ici. Que dire donc pour ce petit retour.

La vie change. L’histoire avance, ses pages se tournent et on continue de découvrir les péripéties qui nous arrivent. Là on fait une rencontre sympa. Le paragraphe suivant est assez barbant, puisqu’il s’agit des cours de M. <<N’est-ce pas>>. La fin du passage est plus intéressant, que ce soit d’une transcription et d’une course contre la montre pour une impression en salle informatique, d’une impro au théâtre ou encore d’une dernière heure de latin. Le latin ? Plus intéressant ?!? Non je ne suis pas malade. Je m’explique : pour ce cours, j’ai des tonnes de pages de déclinaisons, de vocabulaire, de verbes, de règles grammaticales et syntaxiques. Alors, pour traduire des phrases d’exercice, je me surprends à prendre ça comme un jeu dont le but est de trouver la réponse le plus rapidement possible. Je vole alors entre mes feuilles et mon carnet de notes avec l’entrain d’un compétiteur chevronné.

Le livre de ma vie se poursuit donc paisiblement. Le chaton aidant à la mouvementer un peu… parfois en bien, d’autres en moins bien. Mais bon, comme dirait l’autre ainsi va la vie. Ce sont les aléas du direct. On encaisse le coup et il faut continuer de pousser notre rocher. Un nouveau chapitre a commencé à partir du moment où j’ai pris une grande résolution à l’obtention du permis (j’ai d’ailleurs reçu le précieux sésame rose aujourd’hui). Le tout avec les résolutions, c’est de s’y tenir. Souvent, on prend des décisions trop dures à tenir. Seulement, tout l’enjeu est là. À vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Allez de l’avant, c’est aussi affronter les soucis. J’allais dire <sans coup férir>. Mais alors, quelles difficultés y aurait-il si on restait stoïque face aux évènements? Là où le bouquin nous permet de nous distinguer, c’est lors des coups durs. La fin de l’histoire? Pouvoir dire qu’on a surmonté l’adversité!

Par Angelofys - Publié dans : Vie de Jour
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 20:45

 

Par Angelofys - Publié dans : Audio
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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 01:31

 

Par Angelofys - Publié dans : Audio
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Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 01:13

Des fois, va savoir pourquoi, me prend l'envie soudaine d'agir comme si j'étais possédé. Au son d'une musique qui me touche à un moment donné, je me sens obligé, inconsciemment, de bouger au ralenti, d'entrer dans une sorte de transe. Là, j'ai l'impression que je suis traversé par des genres de rayons. Je me lève, marche un peu, au rythme de la mélodie. Elle me porte. Je regarde les choses autour de moi un peu bizarrement. Je le sens mais ça m'a l'air très sérieux. Je penche la tête. Comme le font les chiens. Je me fais des effets selon la chanson. Une portée en decrescendo, je baisse les yeux. Une pointe aigüe, je les lève et fixe droit devant moi. J'ai alors la sensation qu'il y a en face quelque chose que je dois comprendre. Je détourne le regard. J'ouvre et referme une porte, sans savoir pourquoi, et retourne m'asseoir où je ne bouge plus pendant quelques longues secondes. Les yeux écarquillés qui parcourent l'espace à l'instar de la première fois.

La chanson s'éteint, elle est terminée. Je ne contrôle pas vraiment mes gestes et sans trop savoir comment, elle recommence. À cet instant, je sens qu'il faudrait que je refasse tout ce que j'ai fait pendant la première écoute. Mais finalement, quand je me redresse pour m'exécuter, j'ai le sentiment qu'il faut absolument que j'écrive quelque chose. C'est souvent comme ça qu'arrivent certains articles de mon blog. Ou alors des passages entiers d'une histoire que je n'ai pas encore écrite. Parfois même, des choses qui n'ont rien à voir. Des phrases qui se suivent sans forcément avoir un lien quelconque. La musique défile. Le rythme est en fluctuation. Parfois il accélère. Parfois il ralentit. Après plusieurs écoutes, une dizaine le plus souvent, je quitte le fichier texte, ou la feuille de papier, coupe la musique et me couche. La mélodie n'est pourtant pas éteinte. Elle continue. Dans le noir, il me semble la voir tourner au dessus de moi. Et, presque instantanément, je me mets à sourire. Ce qu'il se passe après, c'est que je dois m'endormir d'un coup. Parce que je ne me souviens de rien d'autre au réveil.

Je me relis souvent. Je ne comprends pas toujours tout. La majeure partie du temps, je perds ou jette ces extraits. D'autres fois, je les publie. Au final, j'oublie l'espèce de catalepsie améliorée qui m'a frappée et me dis que parfois, je suis quand même sacrément atteint. Et là, en écrivant ça, je me sens quand même sacrément atteint.

Par Angelofys - Publié dans : Le Masque
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 00:55

 

La nuit est noire. Le jour est clair. L'air est chaud. Le vent est frais.

Et le pire, c'est que je peux continuer à écrire ce genre de banalités longtemps. Sauf que là... j'ai pas envie.

time_by_GirlOfSea.jpg

Y a-t-il un véritable lien entre banalité et quotidien? Oui, il peut exister. Cependant, je ne pense pas qu'il faille se mélanger les pinceaux sur ce tableau. Le portrait des habitudes journalières peut s'avérer riche comme il peut apparaître d'une pauvreté sans égal. Il suffit parfois qu'un grain de sable vienne s'immiscer dans les rouages solides de la normalité pour tout faire basculer. Le banal peut être quotidien tout comme le quotidien peut être banal. Tout n'est que question de point de vue, d'évènements... de hasard en somme.

La monotonie d'un quotidien peut s'ébranler par la simple apparition d'un retard et devenir une anecdote plus ou moins plaisante. Partir au travail tous les matins s'apparente à une certaine monotonie, une petite routine quotidienne. Toutefois, mettez un réveil qui "oublie" de fonctionner ne serait-ce qu'une fois. Tout est chamboulé. Le calme qui précède le départ n'est plus qu'agitation. Le chemin devient tumultueux. La précipitation règne pour rattraper le retard accumulé. On se presse, on se stresse. Le monde n'est plus qu'un obstacle dont le seul dessein est de vous ralentir un maximum pour que vous perdiez le peu de Temps qui reste à redouter que davantage de minutes s'écoulent toujours plus vite, transformant le présent en passé...

Tempus Fugit. Time is running away. Le Temps s'enfuit.

 

Le Temps court. Le Temps nous rend sérieux. Le Temps réduit les empires en poussière. Le Temps fait de l'homme le plus robuste en vieillard chétif. Le Temps est maître de tout. Pourtant, le Temps est peut-être la seule chose qui nous rappelle de vivre pour soi, que la vie n'a qu'une issue, que la saveur d'une seconde n'a pas d'égal.


 

" Voir le monde dans un grain de sable, et le ciel dans une fleur sauvage.

Tenir l'infini dans la paume de sa main, et l'éternité dans une heure."

 

 

                                                                          William Blake, Auguries of Innocence

Par Angelofys - Publié dans : Pensées de nuit
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