Release me from this curse I’m in. Trying to maintain but I’m struggling…
Il doit être perturbé. N’écouter cette chanson que pour se focaliser sur ces seuls vers. D’ailleurs, le
dos plaqué contre son matelas nu, à fixer les ombres mouvantes sur le plafond, il a même l’impression que les mots prennent vie et s’agitent, dansant d’une fenêtre à l’autre. Il se sait condamné.
L’éclat de la lune le lui a révélé. Il en est convaincu. Depuis les deux heures qui ont suivi cette confidence, il ne s’est toujours pas aperçu que cette nuit est celle de la nouvelle lune. Les
doigts décharnés de l’arbre qui monte la garde devant la fenêtre tapent sur le montant de bois, comme s’ils réclamaient son retour à la terre. La légère brise qui passe de l’une à l’autre suffit
à faire s’entrebâiller la porte du placard. Ses gémissements d’agonie se poursuivent dans un sanglot déchirant qui résonne dans la pièce. Sur la table de chevet sous la fenêtre, le crayon a roulé
au centre de la reliure et maintient le carnet de cuir ouvert. Le bruit de papier froissé est le cri de ces pages battues par le souffle d’air.
Son cœur hurle, saigne, réclame ce qui ne peut lui être donné. Il se voit dans un reflet de verre et songe : « Tue-moi ! Tu en meurs d’envie… »
La quête de son Soleil
Un jour sans lumière se lève, le Soleil étant retenu, confiné dans une tombe où ne règne que
l'obscurité, capturé par les ténèbres qui désiraient s'étendre. Le temps s'écoule indéfiniment. Sans astre à faire disparaître, la journée s'étend.
En traversant une forêt, Il pénètre dans une clairière plongée dans le clair-obscur. En son centre, Il découvre un puits au fond duquel rayonne un petit point lumineux.
Après un certain temps de tergiversation et d'hésitation, Il entreprend de descendre libérer le Soleil de son caveau où seule subsiste l'Ombre.
Une éternité ou deux plus tard, Il arrive enfin près de l'étoile. Avec force d'astuce, Il
parvient à rompre les liens qui étreignent l'infortuné prisonnier qui s'élève alors pour illuminer la journée obscure.
Il remonte à sa suite avec une détermination et une persévérance sans égales. Dans la clairière désormais baignée de l'apaisante lumière de l'astre, le Soleil demande à son libérateur ce qu'il
peut faire pour le remercier de l'avoir tiré de l'oppressante obscurité du puits.
Les yeux perdus, Il répond qu'il ne désire rien de plus que retrouver son propre soleil...
Les mots magiques, qu'on peut alterner avec la version conditionnelle "Il faudrait". Les prononcer, c'est se donner une idée de ce qui devrait être fait, se donner du courage
aussi et surtout. Par exemple, quand hier soir, je me suis dit "Allez, i fo prendre le bus pour rentrer à la maison" ce n'est pas comme si j'en avais envie. D'ailleurs, j'ai bien souhaité qu'au
bout de 10 minutes de retard, le bus ne viendrait plus. Pourtant, après 12 minutes, le bus est arrivé.
Ce matin, au réveil, je me suis dit "Allez, i fo que j'aille faire des courses". Ça ne m'a pas empêché de retarder le moment fatidique jusqu'à ce que j'aie le pied dehors ^^ Encore là, tout à l'heure, lorsqu'il faudra que je remette le nez dehors pour traverser tout Avignon, bien que je me dise "I fo que j'y go", j'en ai pas envie pour autant. Je me fixe une heure de départ en sachant pertinemment que j'ai de fortes propensions pour ne pas partir à cette heure précise.
Quoiqu'il en soit, s'il suffisait de dire "i fo..." pour que ce qui suit se passe, ce serait bien trop facile. Malgré tout, je crois que personne ne peut s'empêcher de le souhaiter...
Voici un de mes textes préférés. Je me suis rendu compte qu'il était absent de mon blog (en format texte je précise, puisqu'il est linké en réalité).
Si cette entrée d'article peut mettre mal à l'aise, c'est pourtant par elle que je commence la rédaction de ce
présent papier.
Il tombe et se brise. Je désespère de pouvoir le reporter un jour. Mais je tiens. Ou du moins tenté-je de résister à cette irrépressible envie de le remettre tel quel devant mon visage défait par le chagrin et la souffrance. Comment faire pour voiler cette face et faire apparaître le visage souriant que le monde a pris l'habitude de me voir arborer ? Je perds mes repères et commence à sangloter devant les débris de mon alter-ego qui déjà commence à s'effacer. Je cherche autour de moi un moyen de le récupérer, de retrouver ce Moi qui me protège, derrière lequel ma vie semble plus simple. Mon chagrin se transforme en profonde tristesse. Tristesse qui se mue en une souffrance inconnue. Je la redoute. J'ai toujours craint la douleur, qu'elle soit morale ou physique, et ce que je ressens là me transperce de part en part, brûle ma peau et asservit ma chair. Je suis pris de convulsions. La délivrance du Masque est mon tourment. Je me consume.
Un ultime soubresaut et ma conscience se remet en marche. Je me relève doucement. Les rares morceaux du Masque restant se réduisent en poussière sous mon regard avant de se dissiper avec mon souffle saccadé. Je reste immobile, comme si le temps s'était suspendu et m'avait emprisonné avec lui. Je fouille mon esprit afin de comprendre la raison qui m'a poussé à retirer mon bouclier. Me revoilà à une hantise qui me persécute depuis des années : parler de moi. Entendons nous bien, j'évoque le véritable Moi, l'être que je suis sous le masque, celui qui absorbe toutes les émotions que le Masque ne fait que réfléchir en gardant ce sourire de fausse joie. Je me dis que si c'était mon véritable visage qui souriait comme ça, j'en aurais sacrément mal aux joues. Je secoue la tête car ce n'est pas le moment de divaguer. On me l'a arrachée, ma seule défense dans un monde où Bien et Mal s'affrontent sans répit et sans élan de pitié ou de compassion pour le camp adverse. J'ai la sensation d'avoir la chair du visage à vif. La chute du Masque a provoqué chez moi le réveil d'un mal être jusque là effacé, à l'abri de l'ensemble de l'Humanité, se consolidant avec le Temps, traître à l'aspect bienveillant.
Ma mémoire, ainsi que toute mon âme, est sollicitée. Je revis chacun de ces instants qui ont fait de ma vie ce
qu'elle est devenue. Je passe par la découverte de ma propre homosexualité, qui n'était pas une réelle surprise, avant de poursuivre par mon premier « Je t'aime » à un garçon. A celui
qui a suivi, pour un autre. A un troisième à qui je le dis souvent tant c'est vrai. Je revois la scène de mon Coming Out forcé à cause de ce message, laissé par inadvertance accessible à tous.
Mon premier baiser. La bouche de ce garçon magnifique dans mon lit, sur mes lèvres. La délicate pression de nos langues l'une contre l'autre. Je me laisse choir à terre. Ma joue s'écrase contre
le sol dans un bruit mat. La poussière, dernier vestige du Masque, se colle à ma peau. « Allongé, le corps est mort… Pour des milliers, c'est un homme qui dort ». Ces paroles de chanson
résonnent en moi. Suis-je mort ?
La visite de ma vie reprend. Mon souffle se raccourcit lorsque je revois mes premières caresses prodiguées avec soin sur le corps de l'homme que j'aime. Toutes les sensations parcourent délicieusement mon être avant de se perdre dans les tréfonds de mon esprit, se réfugiant de toute agression extérieure fomentée par le plus terrible ennemi que l'homme puisse connaître : l'Oubli. Je m'empresse de cacher ces souvenirs merveilleux de câlins et d'autres plaisirs amoureux à ce redoutable prédateur insatiable. Je me revois, marchant dans la rue du port, main dans la main avec mon homme. L'Amour que nous nous portons devait émaner de nous telle une aura fantastique et surnaturelle et nous entourer dans un havre calme et apaisant. Couché sur mon lit, il dort encore. Je me rapproche de son corps jusqu'au contact de ma poitrine sur son dos où je sens les pulsations de son cœur chaleureux. Tant de souvenirs qui m'ensorcèlent. Pas de doute, je l'aime ce garçon !
Ma respiration est de plus en plus faible et ma vision se brouille peu à peu. Des points blancs se forment sur ma rétine. L'oxygène me manque. Est-ce que je suis en train de mourir ? Tout ça entraîné par ce Masque que je n'ai pu soutenir. Le visage éclatant, tout sourire, de mon copain se fixe sur mes yeux. Je ne vois plus que lui. Je l'ai perdu. Je regrette ma faiblesse qui m'a mené ici, couché sur le sol, reposant dans la poussière. Pendant que mes poumons peinent à se remplir, la déferlante de mes erreurs s'abat violemment sur le débris que je suis devenu. Je réalise que cet avenir incertain qui est le mien n'arrivera jamais. Je n'avais qu'une seule idée de ce que mon futur serait : moi et celui que j'aime, ensemble. Je sais maintenant que cela ne se fera jamais. Puisse l'homme de ma vie poursuivre la sienne. Je sens que je suis toujours étendu à plat ventre par terre mais j'ai également la sensation de couler. Et là, pendant que mon dernier souffle passe mes lèvres, je réalise ce qui m'arrive. Je meurs dans l'étreinte douloureuse de mes souvenirs. Ce n'est que déchéance d'un corps qui a sombré.
Ce n'est que le lendemain du drame qu'il réalisa et se posa la question.
Ce n'est qu'à son réveil qu'il se rendit compte du vide, de l'absence de ce qu'il avait l'habitude, chaque jour, de voir. Il se leva, lentement, tremblant, réalisant ce que cette terrible soirée lui avait fait faire, alors qu'il luttait depuis des semaines pour ne pas s'en séparer. Et pourtant, titubant, les jambes encore peu assurées soutenant son corps encore endolori par sa longue nuit, il avança devant le vide, là, dans le coin de la pièce.
Là, il se posa la question :
— Mais où est-ce que j'ai bien pu foutre ce truc ?
Pas d'inquiétude à avoir. Moi non plus, j'ignore de quoi il s'agit ^^'
Lorsque demain était hier, longtemps tu te l’imaginais.
Longtemps tu le façonnais lorsque la nuit tombait.
Lorsque le jour se levait, tu le rêvais encore.
Longtemps encore, tu l’attendais.
Lorsque demain devint hier, tu le vis.
Il était là, lorsque la nuit succéda au jour,
Sous la voûte glacée, il t’approcha.
Lorsque demain devint hier, il t’emmena.
Le matin, lorsque tu trembles,
Tu les ressens.
Le jour, lorsqu'ils s'évanouissent,
Tu les vois.
Le soir, lorsque tu pleures,
Ils te regardent.
La nuit, lorsque tu cries,
Ils sont là.
Une fois n'est pas coutume, me revoilà passant au travers d'une de mes sessions de mélancolie, de doutes et de remise en question. Remise en question qui n'aboutira pas puisque, si je suis conscient de mes torts et travers, malgré tous mes efforts, je ne parviendrai pas à changer. Cette glaciale constatation me donne des frissons mais je ne saurais l'expliquer convenablement.
Pour essayer de tromper ma solitude (que j'ai moi-même provoquée, je dois l'avouer), je tourne en rond. Je découvre des films à la chaîne, j'engloutis un bac de glace à la menthe et ses copeaux de chocolat, je fais les cent pas, persuadé d'avoir à chercher quelque chose qui n'existe pas ou dont je n'ai aucune utilité sur l'instant, et je cherche par tous les moyens à rejeter la faute sur quelqu'un d'autre en sachant pertinemment que c'est à moi qu'elle incombe, juste à moi et rien qu'à moi.
Dernière chance de me vider l'esprit, je revisite mon blog de fond en comble. Je voudrais alors remercier tous ceux qui ont posté des commentaires. Je suis super content que certains articles provoquent autant de réactions. Ça me fait super plaisir de voir ces avis et pensées qui vous (vous qui commentez mes articles) font réagir et partagez ce qu'il ressort.
Bon, j'admets que ça ne me change pas tellement les idées que ça puisque pas mal d'articles sont commentées par Quelqu'un... Je vais me concentrer à fond sur Desperate ce soir en mangeant ma glace, on verra ça si marche.
It’s a new dawn It’s a new day It’s a new life
Je m’étais toujours entendu sur l’idée que je serai toujours capable de quitter mes repères pour aller vivre loin de ce que j’ai pu connaître. Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que j’attends ça. Je vais enfin aller au bout de cette pensée. Bien qu’au départ, j’avoue que j’étais terrifié par l’idée de me retrouver en territoire inconnu. C’était pour la simple raison que j’allais là où mon pas ne m’avait jamais mené. À présent, j’y vais l’esprit serein. Pas de stress. Pas d’appréhension. La raison en est simple. Ce départ, c’est ce que j’attends depuis tellement longtemps ! Je serai enfin près de Lui.
Mardi prochain, ce sera un nouveau monde. Certes, ce n’est pas un monde complètement inconnu. Mais je vais le vivre différemment et c’est cela qui fera de lui un monde nouveau. Lundi soir, je fermerai les yeux sur cet univers où je n’ai pas encore de prise mais que je devrai me façonner. Mardi matin, je les ouvrirai sur un environnement que je devrai apprendre à apprivoiser, à découvrir comme je n’ai pas encore eu l’occasion.
And I’m feeling good