Ce qui va suivre n'est pas du Shakespeare, je n'ai pas la prétention d'atteindre son
talent (je le dépasse largement... mdr). Toujours est-il que ce qui va suivre fait partie du mien, aussi petit soit-il. Enjoy.
Prenons cette nuit. Le ciel est clair (ça dépend où, on est d'accord), il fait plutôt bon, quoique frais. Si on se couche dans l'herbe et qu'on contemple la voûte
étoilée, on peut entendre des bourdonnements. Ce ne sont pas les moustiques qui cherchent à se nourrir de notre sang. Ce ne sont pas non plus l'aspirateur du voisin laissé allumé par mégarde.
Encore moins une grande blonde aux talons aiguilles rouges qui se sèche les cheveux. Si on ferme les yeux, on peut ressentir ces frissonnements singuliers tout autour de nous. On se sent cernés,
submergés par une foule de courants d'air qui se pourchassent en pouffant de rire. On peut les sentir caresser nos joues, ébouriffer nos cheveux, longer nos jambes et s'infiltrer sous nos
vêtements.
Si on se concentre suffisamment, on peut presque saisir leurs murmures, comprendre ces chuchotis qu'ils s'échangent joyeusement. Si on écoute intensément, on peut entendre les messages qu'ils
tentent, à chaque instant, de nous transmettre. Ces bribes de paroles pleines de sagesses que nous devrions être plus enclins à capter mais qui nous échappent de par notre trop plein de pensées
quotidiennes qui nous assaille chaque jour.
Il paraît que l'Homme a oublié comment écouter les conseils qui lui étaient promulgués à ses premières saisons. En appréciant le frottement des esprits, là, allongé dans l'herbe au clair de lune,
on maudit ceux qui ont été la cause de cet oubli. Les mots qui nous parviennent nous donnent des frissons. Si délicieux qu'on en perd la notion du temps et de l'espace. On s'égare dans un ballet
de sonorités inhabituelles qui nous transportent toujours plus haut. Certains esprits se muent en comètes colorées qui transpercent l'encre de la nuit. Une larme roule sur notre joue...
On émerge doucement de ce rêve surnaturel, alors que les ténèbres du ciel sont balayées par les rayons ardents d'un soleil qu'on voit poindre à l'horizon. On se redresse lentement pour apercevoir
les derniers esprits qui regagnent leur monde étrange et merveilleux, de l'autre côté du miroir de l'eau. Ces perles de rosées éparses qui rejoignent notre larme, la dissimulant aux yeux d'un
quotidien sec et rude. Cet instant, entre le rêve et la réalité, le sommeil et l'éveil, cet instant où on se souvient d'avoir rêvé, s'achève, trop bref, emportant les souvenirs des conseils
avisés des esprits anciens qui veillent sur nous.
Une seconde larme vient rejoindre la première, disparaissant parmi les gouttes de rosée. On se lève pour affronter le monde qui est le nôtre.
Angelofys